Jouer, jouons !

 Dans Christ Seul

Le philosophe Aristote recommandait : « Joue et tu deviendras sérieux ! » Le jeu permet d’apprendre sur soi, et, dans le cas des jeux de coopération, d’apprendre à collaborer et à être solidaire dans une tâche à accomplir. A découvrir en famille, à l’école du dimanche ou au groupes de jeunes, pour un week-end d’Eglise…

Jouer est essentiel ! Jouer pour découvrir son corps et ses limites, son environnement, développer son imagination, apprendre à communiquer ; pour expérimenter sans trop de risque, « pour de semblant » ; jouer est formateur… Et ce n’est pas réservé aux enfants : le jeu peut être formateur aussi dans un groupe d’adultes – sans oublier les richesses des jeux où adultes et enfants jouent ensemble.

Et parce que jouer est fondamental, il est bon de mesurer les enjeux des jeux.

QU’APPREND-T-ON VRAIMENT EN JOUANT ?

Le jeu du parachute, exemple d’un jeu de coopération Crédit photo : Mouvement pour une alternative non-violente

Le jeu du parachute, exemple d’un jeu de coopération
Crédit photo : Mouvement pour une alternative non-violente

Beaucoup de jeux sont fondés sur la rivalité, conduisent à la compétition : à la fin, il y a un gagnant… et des perdants.

Gagner stimule… mais conduit à l’envie de faire perdre les autres. Et l’orgueil n’est jamais loin ! On peut penser que gagner ensemble, dans un jeu collectif, soude le groupe… Quel groupe ? Et à quel prix ? Mépris pour ceux qui ont perdu (quand on a gagné), fermeture du groupe sur lui-même, et l’enchaînement va vite vers le chauvinisme, l’esprit de clocher. Et le public est pire que les joueurs.

Mais perdre est une épreuve terrible. Certains diront que c’est une école de la vie. Pas très fraternelle, comme vie, où les échecs conduisent à l’exclusion. Perte, parfois irrémédiable chez un enfant, de l’estime de soi. Manque de confiance, repli, inquiétude. En groupe, c’est encore pire ! Rancœur envers ceux qui ont gagné, agressivité envers ceux, dans le groupe, qu’on accuse d’avoir fait perdre, désirs de vengeance, course au dopage, à la fraude, quand ce n’est pas la violence envers les arbitres et les juges ! Nous n’inventons rien, repensez aux commentaires après un match.

Alors , que faire ?

JEUX COOPÉRATIFS

Il y a d’autres façons de jouer : les jeux coopératifs.

Ce sont des jeux sans perdants ni gagnants : tous les joueurs gagnent ensemble – ou perdent ensemble. Le jeu est un défi à relever, ensemble. Face à des difficultés extérieures, les idées et les compétences de tous sont indispensables, ainsi qu’une bonne communication dans l’équipe.

Personne n’est exclu… ni le faible, ni le petit, ni la personne avec un handicap, ni..

Et donc, on peut toujours adapter les règles suivant le public !

Il y a des jeux coopératifs de toute sorte, sportifs, remuants, silencieux, verbaux… et des jeux de table, avec des cartes ou un plateau et des pions. Et on peut aussi apprendre à transformer un jeu compétitif en jeu coopératif !

On joue donc pour le plaisir de jouer ! Alors le jeu développe la créativité, enrichit les relations, ouvre des portes et des cœurs. Et l’excellence (parce qu’il y a des fois où on joue mieux, ou moins bien…) n’est jamais une victoire sur un adversaire, mais seulement un dépassement de soi, et l’aboutissement d’un effort commun.

Et au-delà des jeux, on se prépare alors à la vie, la vraie, celle qui est communautaire, coopérative, solidaire. On réalise à quel point aider le plus faible à avancer, c’est faire progresser et arriver tout le groupe. On expérimente l’amour fraternel.

 

Exemples de jeux de coopération

Les chaises musicales coopératives

Vous connaissez ce jeu : une chaise de moins que de joueurs, et quand la musique s’arrête, chacun essaie de s’asseoir, celui qui reste debout est éliminé. On enlève une chaise, et on recommence, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une chaise et un gagnant ! Jeu cruel… C’est une bonne image de la pire cruauté humaine. Dans les chaises musicales coopératives, quand la musique s’arrête, tout le monde doit s’asseoir. Alors… on se serre, on s’assied sur les genoux, chaque groupe trouve ses solutions, même quand il ne reste plus qu’une chaise pour dix joueurs… à l’image d’une société solidaire.

Le noeud

Les joueurs, debout, se rapprochent, se serrent comme dans le métro à 18 h. Lèvent les mains, et chacun attrape deux autres mains, mais surtout pas celles de ses voisins ! Ensuite, sans se lâcher, on démêle l’écheveau, jusqu’à obtenir… une grande ronde, ou deux ou trois cercles enlacés, plus ou moins tordus. C’est parfois long, c’est toujours drôle !

Les aveugles et les paralytiques

La moitié des joueurs ont les yeux bandés. Ce sont les aveugles. Ils portent sur leur dos, ou leurs épaules, les autres, qui ne peuvent pas marcher. Et chaque équipe part à la découverte du local ou du jardin, va goûter, cueillir des fleurs ou des groseilles (avec les mûres, c’est plus délicat). Fou rire garanti, école de confiance.

Ressources

– Jouons ensemble, 40 jeux de groupe, Editions Non-Violence Actualité. Excellent petit fichier, très pratique.
– Jeux coopératifs pour bâtir la paix, Mildred Masheder, Université de paix, Editions Chroniques Sociales. Présente plus de 300 jeux et sports coopératifs, un peu de réflexion théorique.
– Je coopère, je m’amuse. 100 jeux coopératifs à découvrir, Christine Fortin, Editions Chenelière/Pirouette. Livre québécois, avec un peu de matériel reproductible.
– Site : www.nonviolence-actualite.org

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