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 Carrefour du Patchwork, Sainte-Marie-aux Mines : passion, surprises, émotions ?
Publié 08/07/2010 21:25:00 - Articles spécial Internet

Un volontaire ayant participé à la tenue du stand de l'Association Française d'Histoire Anabaptiste Mennonite en 2009 lors du Carrefour du Patchwork partage ses impressions et son enthousiasme. Pour donner envie de participer à la prochaine édition qui aura lieu à Sainte-Marie-aux-Mines du 16 au 19 septembre 2010.

C'est certainement un peu des trois qui animent les visiteurs du Carrefour européen du patchwork, manifestation organisée par Initiatives & Evènements de Ste-Marie-aux-Mines chaque année autour de la Journée du patrimoine et qui a désormais ses lettres de noblesse. En 2009 lors de la 15e édition, l'Association Française d'Histoire Anabaptiste Mennonite (AFHAM) était l'invitée d'honneur. Tout a commencé en 1994, une année après le « colloque amish » en 1993 organisé par l'AFHAM à l'occasion du tricentenaire de la naissance du mouvement amish à Sainte-Marie-aux-Mines.
Passion des visiteurs venus de tous les pays d'Europe et de bien au-delà, pour admirer ces patchworks aux couleurs chatoyantes et aux motifs les plus divers résultant d'un savoir-faire très technique émanant des amish, et exposés dans les 21 lieux du Val d'Argent.
Emotion et étonnement des visiteurs lorsque, dans la salle d'exposition du théâtre décorée de patchworks, ils découvrent la vie des amish, le fonctionnement de ces communautés avec le baptême, l'Ordnung, et la vie sans violence. Les conférences de Robert Baecher sur l'origine des amish et de Steve Nolt sur le pardon des amish suite à la tuerie de l'école de Nickel Mines en 2006 impressionnent fortement les auditeurs.
Mais quand les visiteurs découvrent le Panorama des confessions chrétiennes présenté comme un arbre généalogique, il y a une part de surprise de voir qu'à partir d'un tronc commun, il existe tant de confessions chrétiennes et de mouvements divers.
Nous avions la part belle pour expliquer la naissance du mouvement anabaptiste appelé Réforme radicale. J'ai été surpris d'entendre tant de questions manifestant ouvertement une recherche et une soif inextinguible de vérité sur l'Eglise, le baptême d'adultes, la confession de foi, l'engagement à la suite de Jésus-Christ dans la communauté, la paix sans armes et sans violence.
Des graines ont été semées et beaucoup ont acheté le poster réduit pour se rappeler les repères donnés et les bornes posées en quelques minutes, avant de passer au stand de librairie bien achalandé et parfois pris d'assaut.
Cet engouement du public pour le Panorama des confessions chrétiennes n'a pas échappé à l'AFHAM qui se propose de passer dans les assemblées pour une conférence traitant des questions de fond posées par les confessions, et présentant une approche historique, pédagogique et spirituelle de la Réforme radicale des anabaptistes mennonites qui a voulu restituer l'Eglise des premiers temps.
Jean-Paul Walther


 Haïti : réagir avec amour et justice
Publié 12/02/2010 21:08:00 - Articles spécial Internet

Cet article écrit par Heidi Unruh est paru dans la lettre de nouvelles de Evangelicals for Social Action, une semaine après le tremblement de terre. Malgré ses références anglophones plutôt, il est utile de prendre un peu de recul par rapport à la situation en Haïti et de réfléchir à la question de la justice.

« Le SEIGNEUR dit : «Voici mon serviteur. Je le tiens par la main, c’est lui que j’ai choisi avec joie. J’ai mis mon esprit sur lui, pour qu’il fasse connaître le droit aux peuples. Il ne crie pas, il ne parle pas fort, on n’entend pas sa voix dans la rue. Il ne casse pas le roseau courbé. Il n’éteint pas la flamme qui devient faible. Mais il fait réellement connaître le droit. Il ne se découragera pas, il n’abandonnera pas avant d’établir le droit sur la terre. Les peuples éloignés désirent recevoir son enseignement.» (Esaïe 42 :1-4).

Comme un roseau brisé, une flamme vacillante, beaucoup en Haïti, disparaissent, criant au Seigneur de la justice : jusques à quand ? Quand la bonne nouvelle de Dieu sera-t-elle instaurée en Haïti et sur toute la terre ?

Comme serviteurs de Dieu choisis pour apporter la bonne nouvelle aux pauvres et panser ceux qui ont le cœur brisé, nous sommes consternés, perplexes et convaincus de devoir agir face à cette tragédie. Alors que dans l’immédiat l’essentiel est de sauver des vies, nous partageons ici des réflexions à partir du point de vue de la justice.

Le cauchemar haïtien et le rêve du Dr King

« D’une certaine manière, le rêve du Dr. King de confronter le militarisme, le racisme et la pauvreté est inextricablement lié à Haïti et la dévastation qui a suivi le tremblement de terre de la semaine passée (12.01.10). Même si le tremblement de terre est une catastrophe naturelle, certains problèmes qui sont apparus ne sont pas naturels, dans le sens où Haïti ne s’est jamais remis de l’impérialisme politico-économique français et américain. Et Haïti n’a jamais réalisé son propre rêve d’être vraiment libéré des interventions étrangères armées et de la domination indirecte. »
(Dallas Darling)

« Pouvoirs cosmiques de ce monde de ténèbres » (Ephésiens 6 :12)

L’accusation de Pat Robertson que les Haïtiens ont subi le tremblement de terre comme punition pour leur pacte avec le Diable a été largement réfutée du point de vue théologique, historique (et du point de vue de la simple décence).

Les commentaires de Robertson ont introduit la discussion du royaume spirituel dans ce que les Occidentaux appellent une catastrophe naturelle. Les Haïtiens eux-mêmes se débattent avec les implications spirituelles de ces évènements. Aaron Taylor, ancien missionnaire en Afrique, écrit que les chrétiens ne peuvent pas accepter la condamnation simpliste de Robertson, mais d’autre part nous ne devrions pas rejeter le mal spirituel associé au vaudou et à la sorcellerie.

« Les intellectuels occidentaux libéraux peuvent se moquer de l’idée que l’idolâtrie mène à la pauvreté, mais pour des millions de chrétiens africains, ces questions sont liées depuis un moment déjà. Eux-mêmes se battent contre la sorcellerie dans leurs conférences de combats spirituels… La sorcellerie est une piètre base morale pour construire une société prospère. Quand les gens ont peur de réussir dans leur travail ou leurs affaires parce qu’un voisin pourrait leur jeter un sort mortel, c’est une mauvaise nouvelle pour l’économie. La plupart des responsables chrétiens africains le reconnaissent… Si nous Occidentaux nous voulons vivre en partenariat avec des chrétiens d’arrière-plan africain pour les entraîner vers la justice sociale dans leurs pays respectifs, il nous faudra prendre un peu plus au sérieux leur vision du monde. »

La culture de la pauvreté ?

Alors que Robertson proclame que la catastrophe naturelle a des racines spirituelles, le chroniqueur conservateur David Brooks soutient : « Ce n’est pas une histoire de catastrophe naturelle. C’est une histoire de pauvreté. »

Personne ne saurait nier que dans un pays où 90 % des citoyens vivent avec moins de 2 $ par jour, la pauvreté est le principal catalyseur ce qui fait un désastre à visages multiples : des bâtiments en mauvais état, des infrastructures en miettes, des services publics inadaptés, et des problèmes chroniques de santé sous-jacents.

Brook fait 4 constats sur la nature de cette pauvreté : 1. l’aide internationale n’a pas été efficace, et personne ne sait comment faire pour que cela marche ; 2. le micro-développement des ONG est « vital mais insuffisant » ; 3. la culture, y compris la religion, joue un rôle en perpétuant la pauvreté ; 4. le succès économique provient d’un « paternalisme local » ou de « responsables indigènes en état d'imposer des présupposés propres à la classe moyenne, une mentalité de la réussite et des exigences quantifiables et élevées. »

Brooks soulève des questions importantes. Cependant son analyse de la culture et de la pauvreté ne tient pas compte des racines systémiques de la pauvreté. Si nous voulons répondre «aux influences culturelles de résistance au progrès » en Haïti, nous devons en même temps confronter les forces socio-économiques qui ont donné naissance au progrès et qui ont profité de ces influences.

La justice demande une vue à long terme

Si nous voulons comprendre l'exigence de justice, il nous faut regarder cette tragédie sur le long terme, d’abord regarder en arrière pour comprendre les racines historiques de la situation actuelle, et comment les Etats-Unis et d’autres puissances mondiales ont été impliquées (pour le mal ou le bien) en donnant forme à la réalité présente en Haïti.

Il nous faut aussi regarder la crise à court terme et au rêve des Haïtiens d’une société de viabilité durable, de liberté et de dignité. Bientôt, ce tremblement de terre fera partie du passé (quand avez-vous vu la dernière fois un gros titre sur les tremblements de terre dévastateurs en Chine ou au Pérou ?) et on laissera les Haïtiens se débrouiller avec toutes les blessures non guéries du désastre, en plus de leurs souffrances de toujours. L'Organisation mondiale de la Santé prévoit que le plus grand nombre de morts à venir pourrait être causé non par les blessures non soignées, mais par de l’eau non potable.

Concernant l’avenir, voici quatre choses à faire pour apporter ensemble la droiture et la justice en Haïti :

1. Prier pour la justice.

2. Investir dans le développement. Sans minimiser le besoin urgent de ressources pour les secours immédiats et la survie, il nous faut nous préparer à donner généreusement , fidèlement, sagement et patiemment pour reconstruire le peuple et les infrastructures haïtiennes. Il y a beaucoup d’organisations chrétiennes crédibles qui ont investi à long terme en Haïti.

3. Militer pour la remise de la dette. La dette a épuisé les ressources de Haïti tout au long de son histoire, commençant par les billions de dollars en « réparation » que la nouvelle nation avait dû payer à la France. Les Etats-Unis ont heureusement déjà annulé notre part de la dette de Haïti. Mais le pays doit toujours 890 millions de $ à la banque Mondiale (FMI) et à d’autres créditeurs.

4. Décider de ne pas faire de mal. Face à une tragédie et à de grands besoins, il est tout à fait naturel de donner. Mais on a fait beaucoup de mal au peuple haïtien, au nom de la charité. Au minimum, cela signifie de s’assurer que l’argent ne tombe pas entre les mains de faux artistes, ou de chefs corrompus ; mais cela signifie aussi s’assurer qu’à terme, après avoir répondu aux premiers besoins de survie, l’aide alimentaire ne vienne pas faire du tort aux paysans locaux, comme cela a été le cas dans le passé.

Heidi Unruh, traduction Louise Nussbaumer 


 Protestants en fête : deux témoignages
Publié 20/11/2009 15:46:00 - Articles spécial Internet

Protestants en fête à Strasbourg du 30 octobre au 1er novembre 2009 a rassemblé près de 15 000 personnes au total venues de toute la France. C'était le premier rassemblement du genre, organisé par la Fédération Protestante de France.
Pour compléter l'article qui paraîtra dans CHRIST SEUL, décembre 2009, voici deux témoignages de participantes.
 
"Incroyable ! ils sont aussi nombreux ?! Sortis de leurs chapelles, de leurs temples presque vides ou débordants de vie, ils se sont rassemblés à Strasbourg, venant des quatre coins des sensibilités protestantes. Impliqués dans un même fête le pasteur libéral, le baptiste charismatique, l'anabaptiste pacifique et l'aumônier militaire,  ont eu 130 possibilités différentes pour s'informer, réfléchir,danser, partager, écouter ...Alors comme le choix était presque trop difficile, bon nombre se sont joints à la cohue sur les places de la ville où devant les stands  un mennonite a croisé le pasteur qui lui a fait l'enseignement religieux à l'école primaire, une autre a pu échanger avec ses voisins d'immeuble luthériens bon teint..On peut espérer que ce soit un fruit de cette fête: une reconnaissance mutuelle puisque l'engagement de la branche évangélique a été visible aux côtés des luthériens et des réformés même si les blessures du passé ont été esquivées. Un vrai travail en profondeur reste à faire, peut-être dans 4 ans à Lyon ou à Montpellier ?"
Nelly P.


"Sur le site Lucie Berger, environ 180 enfants (5-12 ans) ont partagé une journée rythmée par des temps de célébration et de louanges, des ateliers divers : bricolages, danses, récits bibliques.... il ne fallait pas oublier les repas et goûters que nous avons pu prendre dans la cantine scolaire, et les ateliers continus sous chapiteau ainsi qu'un mur d'escalade qui permettaient à chaque enfant de faire une pause détente. Tout cela bien sûr avec l'engagement, le sourire et la gentillesse de nombreuses personnes bénévoles qui étaient présentes entre 8h00 et 18h00 pour accompagner et encadrer tous les enfants qui nous étaient confiés.
Une belle et fraiche journée, mais gaie et riche en rencontres et partages. Chacun est reparti avec la responsabilité "d'être témoin"...auprès de mon voisin, mon copain... !"
Christine H.


 Appel à la prière en rapport avec les viols commis dans une colonie mennonite en Bolivie
Publié 21/09/2009 10:45:00 - Articles spécial Internet

En juin dernier, la nouvelle a été commentée par les médias internationaux et a fait l'effet d'un choc : huit hommes, membres d'une colonie mennonite en Bolivie, avaient été emprisonnés pour avoir commis des viols sur plus de 100 femmes de cette colonie au cours des années.

Ils se seraient servis d'aérosols utilisés par les vétérinaires pour droguer les femmes et leurs maris pendant leur sommeil, avant de violer les femmes. 

Ils ont été arrêtés par d'autres résidents de la colonie à deux heures du matin le 20 juin 2009 et placés en confinement ; il leur a été demandé de noter le nom des victimes et de signer le document. Le 22 juin, les responsables de la colonie ont décidé de livrer les suspects aux autorités boliviennes. Deux jours plus tard, lors d'une audience, les hommes ont plaidé non-coupables ; le jugement devrait avoir lieu dans six mois.

John Janzen, coordinateur des programmes du Mennonite Central Committee auprès des colonies, demande "que la communauté mennonite à travers le monde prie pour les membres des colonies. Nous soutenons nos frères et soeur, pas pour excuser ces actes ou d'autres actes similaires, mais pour traverser la souffrance, rechercher la justice, tirer des leçons pour l'avenir."    

Il y a environ 25 000 mennonites vivant en colonies en Bolivie. Ils sont les descendants de mennonites conservateurs venus dans le pays dans les années 1950, à la recherche d'une plus grande liberté de religion et de possibilités de développement agricole.

D'après un article paru dans Canadian Mennonite et un communiqué du Mennonite Central Committee


 "Viens, souffle de Dieu"
Publié 03/06/2009 12:03:00 - Articles spécial Internet

Quelques jours après la fête de la Pentecôte, voici une prière glanée qui évoque le calendrier liturgique et une aspiration qui va au-delà...

 

Viens, Saint-Esprit,

 toi que je ne vois pas et qui dessilles les yeux,

que je n'entends pas et qui déplies les oreilles ;

toi dont j'ignore les chemins et qui ouvres nos routes ;

toi que je ne sens pas et qui es la source de tout amour ;

toi dont je ne connais pas encore le visage et qui, pour chaque être, offres son nom :

ô viens, Saint-Esprit,

souffle de Dieu, grand vent de liberté.


Toi qui arrives chargé de l'effluve des prophètes

ou des senteurs des psaumes,

imprégné des béatitudes,

vivifié de la prière des pauvres ;

toi qui t'es posé sur le Messie

et que le Fils expirant sur la croix

a transmis aux hommes :

ô viens, Saint-Esprit,

sur toute la face du monde.

Livre de prières, Société luthérienne des Missions et Editions Olivétan, Neuwiller-les-Saverne et Lyon, 2008, p.192


 "Seigneur, nous n'sommes pas c'que nous étions"
Publié 20/03/2009 14:30:00 - Articles spécial Internet

A lire en ligne dès aujourd'hui la version longue de l'article publié par Jean-Claude Girondin dans le numéro d'avril du journal Christ Seul.


 Il restera de toi ce que tu as donné
Publié 06/01/2009 18:30:00 - Articles spécial Internet

Victor Hugo dos Santos, directeur de l'Association des Etablissements du Domaine Emmanuel, une des institutions membres de l'Entente des Oeuvres sociales mennonites, est décédé juste après Noël, le 26 décembre 2008.

Retrouvez le texte de la prédication prononcée par Frédéric de Coninck lors du culte d'adieu et de reconnaissance le 31 décembre à Hautefeuille, ainsi que des éléments du culte présidé par Joël Haldemann.


 Impressions (5)
Publié 08/09/2008 10:05:00 - Articles spécial Internet

Siaka Traoré partage ses dernières impressions recueillies au cours de ses jours passés en France, pour une visite des Eglises mennonites.  

De la moitié du XIXe siècle jusqu'aux années 1970, le centre de l'action missionnaire se trouvait en Occident (Europe, Amérique du Nord). Les chrétiens de ces pays qui ont contribué à ce que l'Evangile aille jusqu'aux extrémités de la terre n'étaient pas embourbés dans les dettes. Ils vivaient de leur salaire ou du fruit de leur travail. Ils étaient libres et avaient du temps pour eux-mêmes, pour Dieu et pour l'autre. La seule date qu'ils avaient était celle de l'amour envers Dieu et envers le prochain. Ils se sont donnés eux-mêmes pour le Seigneur, ainsi que leurs biens. Il en existe encore quelques-uns dans ce genre aujourd'hui...

En Occident de nos jours et de façon générale, on s'endette dès l’université. On commence à dépenser le salaire des 30 années de vie active à venir. Le système occidental vous donne tout, il vous pousse à posséder tout ce que votre cœur désire, mais en définitive il vous prend en otage. On entre dans la vie active avec des dettes et on peut finir sa vie dans les dettes. Le poids de la dette crée de l’anxiété, de la peur et des soucis. Au lieu d’être inquiet pour ce qui est nécessaire, on est inquiet d'avoir trop accumulé. Il faut courir, travailler dur pour les créanciers ; on n’a plus de salaire, car il est dépensé d’avance. On n’a plus de temps pour Dieu, ni pour soi-même ni pour sa famille. On ne dépend plus de Dieu, mais de la force de son travail. Le résultat est que l’œuvre de Dieu est délaissée ; il y a de moins en moins d’engagement au niveau local et au-delà.

Misérables que nous sommes, qui nous délivrera de ce bourbier ? Grâces soient rendues à Dieu, car par Jésus-Christ nous pouvons être libérés en cherchant premièrement le Royaume de Dieu.

Siaka Troaré, 8 septembre 2008


 Impressions (4)
Publié 29/08/2008 18:11:00 - Articles spécial Internet

Siaka Traoré fait remarquer l'un des contrastes entre les Eglises d'Afrique et d'Europe...

En Afrique de nos jours, les Eglises sont majoritairement bondées de jeunes. On peut estimer que les jeunes représentent entre 90 à 95 % de la population des Eglises. Les personnes âgées qui ont été les pionnières de ces Eglises se voient remplacées par des jeunes. Dans beaucoup d’Eglises locales à tempérament pentecôtiste, les personnes âgées se sentent déphasées par le rythme et l’intensité des cultes.

En Europe par contre, nous voyons le contraire. La majorité des membres des Eglises locales sont des personnes âgées. Beaucoup de jeunes voient l’Église comme une institution de personnes âgées où les jeunes n’ont pas leur place.

Je salue l’engagement des jeunes dans les Eglises locales que j’ai visitées, notamment celles du Geisberg près de Wissembourg et de Colmar-Ingersheim.

D’une part, l’implosion des jeunes a tendance à propulser les vieux dehors, tandis que d'autre part, la présence des vieux semble repousser les jeunes dehors.

Pourtant il y a un adage qui dit : « Si vieillesse pouvait, et si jeunesse savait ». Cet adage nous amène à dire que l’Église a besoin de ces deux entités pour être dynamique. Jeunes et vieux mis ensemble, quelle richesse pour l’Église!

De toute façon, le jeune d’aujourd’hui deviendra le vieux de demain. Donc, il importe que les jeunes acceptent les vieux, coopèrent avec eux et reçoivent d’eux la sagesse dont ils disposent.


Siaka Traoré, vendredi 29 août 2008


 Impressions (3)
Publié 27/08/2008 10:11:00 - Articles spécial Internet

Siaka Traoré poursuit son périple en France et confie ses réflexions après la troisième semaine de son séjour.

Le mercredi 20 août, nous étions conviés à dîner chez Neal et Janie Blough du Centre Mennonite de Paris.
Parlant de la mission de l'Eglise, Neal a raconté une histoire concernant des missionnaires américains en France. Ces derniers avaient reçu la visite d’autres Américains venus des États-Unis. Les visiteurs n’ont pas vu d’un bon œil l’adaptation de leurs missionnaires à la culture française. A leur retour aux USA, les visiteurs ont rapporté que leurs missionnaires avaient adopté les habitudes des Français, au point de manger même leur fromage ! Si ce n’est que ça, je ne ferai pas autrement...!
Par contre, il y a une autre adaptation qui me semble « inadaptée ». Il y a plus de 20 ans quand je suis venu pour la première fois en France, les Africains étaient toujours Africains : dans le métro, le bus ou les lieux de rencontre, ils répondaient au bonjour adressé. De nos jours, ce qui alors les scandalisaient est devenu leur pratique. Eux aussi font la grève de la parole : ils ne répondent plus aux bonjours, même d’un autre Africain. Par contre, beaucoup de Français croisés ont été les premiers à m’adresser un bonjour.
Par ailleurs, les Africains en France ont tellement appris la langue française qu’ils la parlent avec un accent et un style bizarres...Il est plus facile de comprendre un Québécois, qu’un « Africain-Français ». J’aurais besoin des Français pour me traduire ce que disent mes frères africains... !

L’adaptation est un élément important dans la mission transculturelle. Pensant à la mission de part et d’autre du Nord vers le Sud et vice-versa, je me demande : quelle missiologie faut-il développer pour le missionnaire d’aujourd’hui ? 

Siaka Traoré, 25 août 2008


 Impressions (2)
Publié 18/08/2008 21:10:00 - Articles spécial Internet

Siaka Traoré, président des Eglises mennonites du Burkina Faso, communique ses deuxièmes pensées à l'occasion de son séjour en France.

Ça y est, les pendules sont mises à l’heure ! Les Eglises de l’Amérique latine nous invitent : « ‘Vamos’ ! Allons-y ! ».

Durant trois jours, le comité de planification de la Fraternité Missionnaire Mondiale de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM) s’est réuni dans les locaux de la CMM à Strasbourg. Il a travaillé sur sa future assemblée générale qui aura lieu à Asunción en juillet 2009, en marge du Rassemblement mennonite mondial. Le thème de la rencontre est : « Mains jointes, faisons la mission de toutes les Eglises vers tous les peuples ».

De nos jours, l’engouement pour la mission s’est grandement refroidi du côté des Eglises occidentales. Il y a de moins en moins de vocation pour la mission au sein des Eglises qui furent autrefois missionnaires. Ce recul est inquiétant, puisque la mission n’est pas à terme. Y aurait-il démission face à la mission ? Je voudrais dire aux Eglises mennonites d’Europe : « Venez, joignons-nous la main pour faire la mission du Nord au Sud, du Sud au Nord, d’Est en Ouest et d’Ouest en Est ». Le temps de la mission ne prendra fin qu’au son de la trompette !

Les Eglises mennonites de Strasbourg et de Geisberg (où je me trouvais hier dimanche) ont été pour moi un réconfort en voyant leur croissance. Elles sont un signe d’espoir dans le sens de l’effort du témoignage chrétien.

Siaka Traoré, lundi 18 août 2008


 Impressions (1)
Publié 11/08/2008 12:13:00 - Articles spécial Internet

Voici les première pensées de Siaka Traoré, après les premiers jours de son séjour en France

"Un séjour agréable dépend de l'accueil que l'on reçoit. Exercer l'hospitalité fait partie des dons accordés à l'Eglise. La famille Bellefleur chez qui je loge exerce bien ce don. Je crois que l'Eglise locale dont elle est membre le lui reconnaît bien et le met à profit pour son édification.
 

Le samedi 9 août, nous étions à l'Auberge du Nouveau Chemin à Bourg-Bruche (67) pour le repas du soir : les tartes flambées. J'ai été touché par la vie de témoignage de la famille mennonite qui gère cette auberge. A travers une prestation de service simple, elle partage sa foi. Contrairement aux autres restaurants qui ont une liste de repas dans leur menu, cette auberge utilise les pages du livre de menu pour expliquer sa foi, sa conviction profonde d'appartenir à Jésus-Christ. Voyez : les opportunités de révéler notre identité chrétienne ne manquent pas ! Cette famille n'a pas honte de dire qui elle est. Personnellement, cette présentation claire, précise et brève, m'inspire. Je compte produire une sorte de présentation similaire pour les visiteurs de nos maisons d'accueil et magasins publics au Burkina Faso. "N'aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur... Prêche la Parole, insiste en toute occasion, favorable ou non" (2 Tim 1,8 ; 4,2).

Nous avons passé un bon dimanche hier 10 août à l'Eglise de Strasbourg, en communion fraternelle, quoique plusieurs étaient en congé. Le sentiment que j'ai eu après le culte est de se sentir incapable de relever les défis de la foi, de la vie chrétienne. Cela m'amène à penser à la parole de Jésus aux disciples : "L'esprit est bien disposé, mais la chair est faible." (Mc 14,38). Nous devons sortir de notre sentiment de défaite, nous réveiller pour savoir que Celui qui nous a appelés à le suivre est aussi Celui qui nous donne les ressources pour y arriver."

Siaka Traoré, lundi 11 août 2008


 Les impressions de Siaka Traoré en visite en France
Publié 11/08/2008 11:51:00 - Articles spécial Internet

Siaka Traoré, pasteur et président des Eglises mennonites au Burkina Faso, est en visite en France pour une tournée au sein des Eglises mennonites. A cette occasion, il a accepté de mettre ses impressions en ligne au fur et à mesure de ses visites. Vous les trouverez donc dès aujourd'hui sur ce blog.

Son programme de visites est le suivant : dimanche 17 août à l'Eglise du Geisberg près de Wissembourg (67) ; dimanche 24 août à l'Eglise de Colmar/Ingersheim (68) ; dimanche 31 août à l'Eglise d'Altkirch (68) ; vendredi soir 5 septembre à l'Eglise de Diesen (57) ; samedi soir 6 septembre à l'Eglise de Toul (54) ; dimanche 7 septembre à l'Eglise de la Vôge à Darney  (88) ; mardi soir 9 septembre à l'Eglise de Pulversheim (68) ; dimanche 14 septembre à l'Eglise de Châtenay-Malabry (92).

A noter : Siaka Traoré donnera aussi une conférence tout public le jeudi 11 septembre à 20 h 30 à Strasbourg, à l'Aumônerie Universitaire Protestante, 7 avenue de la Forêt Noir sur le thème : "Les relations Nord-Sud : réflexions pour un meilleur équilibre."

Siaka Traoré est marié avec Claire, et père de trois enfants (Merveille, Fidélité, Samuel). En plus de son ministère de pasteur, il a travaillé pendant plusieurs années pour le Mennonite Central Committee au Burkina Faso, sur les questions de paix et de développement.


 Libération d'Ingrid Betancourt : point de vue de Colombie
Publié 10/07/2008 20:42:00 - Articles spécial Internet

Le point de vue d'une mennonite engagée en Colombie pour la justice, la paix et la non-violence.

Ingrid Betancourt, symbole des otages, a été retenue pendant plus de six ans. Les Américains depuis plus de quatre ans. Parmi les officiers colombiens relâchés, certains avaient été pris en otage il y a plus de 10 ans.

L'opération de sauvetage a été saluée comme "une opération militaire parfaite". Human Rights Watch a félicité les militaires pour avoir réussi à libérer les otages sans qu'il y ait de blessés et sans violation des lois humanitaires internationales.

C'est la plus récente victoire militaire sur les FARC. Tous les rapports indiquent que ce groupe de guérilla qui compte par les plus anciens et les plus grands en Amérique du sud est affaibli ; l'armée colombienne est elle au mieux. Les Etats-Unis ont contribué à cela. Ces réussites militaires correspondent à la stratégie des militaires états-uniens en Colombie, à savoir l'application du modèle suivi au El Salvador. Le but étant de forcer les FARC à la table des négociations.

Ingrid Betancourt s'est exclamée : "C'est un signe de paix !" Vraiment ? Même si ce n'était pas un sauvetage militaire au sens traditionnel, les événements récents confirment mon manque de foi dans les solutions militaires. Beaucoup de déclarations triomphales célébrant les militaires dans un langage religieux entrent en contradiction avec mes convictions, mes principes et mes options politiques. "Gloire à l'intelligence militaire colombienne ! Gloire aux soldats ! Dieu a béni l'opération de sauvetage, mais pas seulement Dieu, Uribe l'a bénie aussi ! Oui, longue vie à la Colombie ! Nous sommes en train de gagner la guerre !"

Cela pose beaucoup de questions. Quelles sont les bonnes questions à poser ? Pour l'instant, nous nous réjouissons avec ceux qui ont retrouvé leur famille, et nous nous souvenons de ceux qui sont encore otages. Comme l'a dit l'épouse d'un otage qui n'a pas été libéré, mon coeur déborde de joie pour ceux qui sont libres. J'espère que les geôliers des otages encore retenus ne commettront pas de représailles sur eux.

Janna Bowman, volontaire du Mennonite Central Committee en Colombie depuis de nombreuses années. Elle travaille à Bogota pour Justapaz, un Centre chrétien pour la justice, la paix et la non-violence.


 La parabole du football
Publié 16/06/2008 08:17:00 - Articles spécial Internet

Clin d'oeil à l'actualité sportive...

 

Au début, Jésus a appelé une équipe : 12 apôtres. Lui serait le guide, le coach. Hélas, l’un des apôtres a voulu jouer tout seul... Ils sont restés à 11... et les équipes de foot ont suivi...
Ils jouaient sur un terrain beaucoup plus grand que les terrains de football actuels. Car le terrain de Jésus, c’est le monde entier ! Pour des raisons de commodité, on a réduit les limites du terrain. Mais quelque chose est resté : qu’y a-t-il au milieu des terrains de foot ? Un grand cercle blanc... une alliance... comme l’alliance de Dieu avec son peuple, pour le bien de l’humanité...
Les débuts étaient prometteurs, l’équipe progressait rapidement. Les disciples prenaient des coups bien sûr, mais cela ne les empêchait pas de gagner du terrain.
Puis, c’est le coup d’arrêt : la mi-temps. Jésus est enlevé ! Les disciples se cachent dans les vestiaires. Mais Jésus revient et leur fait comprendre qu’il continue à être avec eux, autrement. Et il leur donne des consignes.
« D’abord, soyez collectifs. Si chacun de vous joue « personnel », ne pense qu’à lui, vous ne gagnerez pas, c’est sûr ! Et celui qui veut rester seul en pointe sera « hors-jeu ».
Faites circuler le ballon (ce qui veut dire : faites circuler l’amour de Dieu), ne le gardez pas pour vous, vous allez le perdre ! Faites-le circuler le plus possible, donnez-le le plus souvent possible. »
Alors les disciples retournent sur le terrain pour la seconde mi-temps, beaucoup plus longue que la première...
Ils se souviennent d’autres consignes du coach.
« Soyez toujours attentifs, ne croyez jamais que c’est gagné d’avance. Pardonnez les erreurs des autres, continuez à faire équipe avec eux, et redonnez-leur une chance. Mettez-vous toujours au service de l’équipe. Veillez à garder l’esprit d’équipe, l’Esprit de l’équipe, l’Esprit Saint. Suivez mes consignes, donnez le meilleur de vous-mêmes pour faire circuler l’amour de Dieu, sur le terrain du monde entier ! »

Auteur inconnu.
Texte paru dans le Bulletin de la Communauté chrétienne du foyer Grebel, décembre 2002, adaptation Michel Sommer.

Article repris du prochain numéro de Christ Seul (979), p. 40.

 


 Le Saint-Esprit : propulsion ou traction ?
Publié 15/05/2008 22:22:00 - Articles spécial Internet

Quelques jours après avoir fêté la Pentecôte, le don du Saint-Esprit, et suite aux entrées du 5/5/08 et du 7/5/08, voici un texte à méditer sur l'action de l'Esprit de Dieu et... sur notre propre implication... Texte paru en dernière page du numéro de mai 2008 de CHRIST SEUL.

L’apparition de la première voiture à traction avant, au lieu de la traditionnelle propulsion, fut certainement un événement sensationnel. A tel point d’ailleurs que, pendant des années, on la désignait sous le seul vocable de « traction avant ». Aujourd’hui, dans la foulée de Citroën, la plupart des constructeurs ont adopté le même système, plus sûr, semble-t-il, plus performant et plus agréable.

Ce débat – c’en fut un très vif, à l’époque – peut conduire à d’utiles réflexions sur l’action étonnante du Saint-Esprit de Dieu. Comment cette extraordinaire puissance divine reçue par les disciples à la première Pentecôte chrétienne fonctionne-t-elle ? Comment est-elle mise en marche ? Agit-elle par traction ou par propulsion ?

Assurément, la plupart d’entre nous, nous préférerions que l’Esprit-Saint ouvre notre marche et que nous n’ayons plus alors qu’à suivre son chemin. Nous voudrions que notre tempérament soit changé, que notre manière de vivre soit différente, que notre service du Seigneur soit fécond. Nous avons mille et un souhaits légitimes ! Comme cela serait agréable et confortable d’être les spectateurs du grand oeuvre de Dieu !

Quelques exemples bibliques ne vont pas, cependant, dans le sens de nos préférences. Ils nous montrent que l’Esprit-Saint ne va pas devant, mais qu’il est derrière. Ainsi quand le vieillard Siméon monte au temple où Marie et Joseph viennent présenter l’enfant Jésus, c’est poussé par l’Esprit qu’il s’y rend (Lc 2,27). Le même Esprit pousse Jésus dans le désert où il va connaître la tentation (Mc 1,12). L’évangéliste Luc parle des croyants qui, à Tyr, se sont adressés à Paul, poussés, eux aussi, par l’Esprit (Ac 21,4). Et l’apôtre Pierre, de son côté, souligne que la même impulsion a fait parler des hommes de la part de Dieu (2 Pi 1,21).

De quel droit revendiquerions-nous la traction du Saint-Esprit pour être et faire ce que nous souhaitons et que le Seigneur demande de nous ? En revanche, nous pouvons être assurés que le même Esprit pousse avec bienveillance et persévérance, ceux qui sont prêts à se mettre en route, pour accomplir ce que le Maître attend d’eux.

Si nous lui disions, ou redisions : « Me voici, pour ce que tu veux. » Nul doute alors, son Esprit sera à son poste, derrière nous !

André Thobois, pasteur baptiste, texte repris de « Croire et Servir » avec autorisation
 


 Celui qui voulait vivre et celle qui ne voulait plus
Publié 14/05/2008 22:39:00 - Articles spécial Internet

L'actualité chasse un événement par un autre. Retour sur deux noms, deux personnes, pour ne pas oublier - trop vite...

Tout le monde connaît le nom de Chantal Sébire, celle qui a clamé son droit à mourir, tout le monde connaît son terrible visage défiguré par la maladie. Mais qui connaît le nom de Baba Traoré ou même son visage ? Baba Traoré était Malien, il voulait vivre en France. Venu il y a quatre ans pour donner un rein à sa sœur pour qu’elle vive, il avait voulu rester dans notre pays. Pris de panique, il a commis un geste insensé : il s’est jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police et il est mort d’une crise cardiaque à 29 ans. Celui qui voulait vivre devait le faire dans la clandestinité, et celle qui ne le voulait plus a choisi d’en faire une grande publicité. L’une, malade, a choisi un avocat plutôt qu’un médecin, pour traiter son mal, sa souffrance, et promouvoir une cause, l’euthanasie, que les médias ont complaisamment relayée. L’autre, Baba Traoré, aurait certainement eu besoin d’un avocat mais sa cause aurait-elle fait la une des médias ?

J’ai ressenti l’attitude de Chantal Sébire comme un geste de colère, comme si elle avait voulu jeter sa maladie à la face du monde. J’ai ressenti de la colère en apprenant la mort de Baba Traoré. Chantal clamait sa révolte devant l’injustice de la maladie, injustice que nous éprouvons tous quand la maladie nous atteint dans notre corps. Voilà peut être le secret de la différence de traitement médiatique entre Chantal Sébire et Baba Traoré : le sentiment de Chantal Sébire nous le partageons facilement, nous reconnaissons bien dans le malade un prochain (du moins s’il est français !) mais en revanche, nous n’éprouvons pas ce même sentiment d’injustice devant l’étranger pourchassé. Pourquoi ? Le considérons-nous vraiment comment un prochain ou comme un lointain pour qui une « mesure d’éloignement » est ce qui nous convient ? Cela mesure notre éloignement de l’aimer! Bien sûr que nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, mais remarquez comme c’est curieux, combien nous devenons raisonnables quand il s’agit d’étrangers et peu critiques devant la mise en scène médiatique du « cas » Chantal Sébire. Pourtant la prétention à inscrire dans la loi un droit à mourir (il ne s’agit pas en l’occurrence d’euthanasie mais de suicide assisté) mériterait bien davantage réflexion sur son impact social…

Finalement Baba Traoré aussi s’est « suicidé » mais bien involontairement le malheureux ! Comment sa famille vit-elle cette épreuve, en particulier cette sœur dont il a sauvé la vie ? Et la famille de Chantal Sébire, que pense-t-elle ? Ses enfants ont adressé un message aux médias leur demandant de les laisser vivre leur deuil « dans la paix, la dignité et l’intimité ».

Les circonstances entourant le décès de Chantal Sébire, qui revendiquait un droit à se donner la mort, et celles de Baba Traoré, qui demandait juste qu’on lui permette de vivre, ont un point commun : la violence faite à ceux qui restent.

 

Luc Olekhnovitch, pasteur des Eglises évangéliques libres, Meulan. Article paru dans la revue "Pour la Vérité" de l'Union des Eglises évangéliques libres de France, repris avec autorisation.

 


 "Marchons ensemble sur le chemin de Jésus-Christ"
Publié 18/04/2008 15:01:00 - Articles spécial Internet

En juillet 2009, un rassemblement de mennonites du monde entier aura lieu au Paraguay. Dans cet article, le secrétaire général de la Conférence Mennonite Mondiale (CMM), Larry Miller, explique le sens du thème retenu : "Marchons ensemble sur le chemin de Jésus-Christ".


Pour captiver l’attention, un thème de conférence ne doit pas avoir plus de sept mots, prétend le consultant en communication. Pour vendre l’événement, un thème doit avoir du punch, ajoute le spécialiste en marketing. Trop de mots ? Pas assez de dynamisme ?
Sans aucun doute, le thème choisi pour Paraguay 2009, “Marchons ensemble sur le chemin de Jésus-Christ,” n’est ni un slogan attirant, ni une formule percutante. Mais la question est : nous incite-t-il à vivre ensemble dans la communauté de la CMM, avant, pendant et après le 15e Rassemblement d’Asunción ?
Au début du christianisme, le chemin était ‘le Chemin (ou la Voie) du Seigneur’ (Ac 18/25). Les femmes et les hommes qui suivaient Jésus-Christ ‘suivaient le Chemin’ (Ac 9/2).
Aujourd’hui, pour trouver ce chemin, n’allez pas sur Google ou Yahoo. Allez directement vers le Nouveau Testament et ouvrez Philippiens 2/1-11, le texte de référence sur l’unité et le service pour Paraguay 2009. Peu de mots. Juste assez d’entrain, sous la forme d’un des premiers hymnes chrétiens (Ph 2/6-11), ce passage souligne que le chemin de Jésus-Christ est celui que les chrétiens doivent emprunter ensemble.
Le désir d’unité dans l’Église s’intensifie. L’appel à l’unité dans la communion mondiale sonne haut et clair. [...]
Les textes bibliques proposés par le Comité Programme pour Paraguay 2009, nous montrent que ce désir peut être satisfait si nous nous rassemblons comme Jésus a souhaité que nous le fassions, et comme l’ont fait les premiers chrétiens. (Ph 2/1-11, Jn 17/16-26, Ac 2/46-47).
Mais il y a un problème. Le chemin de l’unité est aussi le chemin du service ou, plus exactement, celui du ‘serviteur’ ou de ‘l’esclave’, selon Philippiens 2 et Marc 10/35-45 (un autre passage qui figurera probablement sur le programme au Paraguay). Qui dans l’église rêve d’être esclave ?
Il y a quelque temps, à la fin du premier jour de rencontre entre des responsables mennonites importants, en conflit plutôt qu’au service les uns des autres, un collègue qui animait la conversation m’a envoyé ce message : “Ce qu’on peut dire jusque-là, c’est que nous avons survécu et qu’il n’y a pas eu de violence physique — beaucoup d’insultes et de violence verbale, mais c’est l’Église.” Ça, l’Église ? Ce n’est pas étonnant que nous rêvions d’unité !
Le second soir, un autre collègue m’envoya un second courriel : “Après deux jours autour de la même table, aujourd’hui, j’ai l’impression de vivre la Pentecôte, avec la seule différence que je n’ai entendu personne parler en langues. C’était une percée importante. Tous les responsables ont signé un accord et ont réussi à se parler. Ils ont partagé un repas dans la joie d’être ensemble.” C’est aussi cela l’Église, quand, finalement nous commençons à être ensemble à la manière de Jésus-Christ.
“Si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous” (Mc 10/44). “Rendez ma joie complète” écrit Paul à ceux, qui, à Philippe, continuent à se disputer alors qu’ils suivent le ‘Chemin’. S’il est mis en pratique dans nos communautés, localement et mondialement, le thème de Paraguay 2009 rendra certainement la joie — la nôtre et celle de Dieu — complète ; même s’il ne constitue sans doute pas un bon slogan !
Larry Miller, Strasbourg (France) est le secrétaire général de la CMM.
Article repris de Courrier, 1/2008, revue de la CMM, voir http://www.mwc-cmm.org/fr/files/Courrier/2008/CCC1-2008FR.pdf

A lire aussi l'article de Max Wiedmer dans le dernier numéro de Christ Seul.


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