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 Le prochain numéro de CHRIST SEUL largement consacré à Paraguay 2009 !
Publié 07/09/2009 21:39:00 - Paraguay 2009

Le numéro d'octobre 2009 de la revue CHRIST SEUL sera largement consacré au 15e Rassemblement mennonite mondial qui a eu lieu en juillet dernier au Paraguay, en présence de 6000 participants du monde entier.

Près de15 pages décriront diverses facettes de cet événement ayant lieu tous les six ans environ. Vous y trouverez : 

- un éditorial signé par une participante, Marianne Golschmidt  

- des extraits des études bibliques et des prédications donnés en plénière, avec le point de vue d'un traducteur

- un gros plan sur un atelier de discussion animé par des femmes théologiennes

- la présention du village de l'Eglise mondiale, village fait de tentes où chaque continent se présente, avec une scène centrale pour diverses productions culturelles

- les temps forts des cultes

- une réflexion humoristique "Les mennonites sont-ils clonés ?"

- et un coup d'oeil dans les coulisses de la Conférence Mennonite Mondiale.

Mais ces pages abordent aussi la réalité du pays, le Paraguay, et en particulier la présence et l'activité des mennonites :

- un point de vue sur les rapport entre mennonites de souche allemande immigrés au Paraguay depuis 80 ans environ et les Indiens

- une analyse de la situation des mennonites au Paraguay, riches et puissants dans un pays pauvre et à Etat faible.

Et - comme il se doit - de nombreuses photos du Rassemblement, au fil des 15 pages et en portfolio !

Rappel : si vous n'êtes pas abonné à CHRIST SEUL, c'est le moment de le faire ici !


 Une nouvelle venue chez les mennonites donne ses impressions après Paraguay 2009
Publié 28/08/2009 16:59:00 - Paraguay 2009

Revenue du Paraguay, je partage quelques leçons, après un voyage certes long mais riche en enseignements.

Les intervenants de la conférence ont souligné toujours à nouveau l’importance de cultiver en nous l’humilité, de regarder notre prochain comme supérieur à nous, d'être à son service.

La cerise sur le gâteau : les « groupes de louanges » venant de divers horizons ; une richesse musicale et instrumentales variée, des hymnes qui vous font bondir de joie, le tout colorié par les costumes locaux.

En plus : des ateliers de réflexions diverses, tels que sur la justice sociale, l’entraide des pays appauvris.

Après le Rassemblement à Asuncion, notre voyage a continué sur les routes du Chaco, avec visite guidée des coopératives, écoles, hôpitaux, fermes, musées historiques, etc.

Etant entrée dans la grande famille menno il y a quelques années, je ne peux rester que dubitative devant de telles œuvres.

J’ai été émue de découvrir l’histoire et le vécu de ces ancêtres mennonites du Chaco.

Je m’imagine en tant que chrétienne anabaptiste pacifique devant fuir mon pays pour devenir gens du voyage, nomades, perdant des êtres chers (170 personnes, dont deux anciens sur trois), le choléra, etc.

Je m'imagine arriver dans un pays pauvre, chercher à comprendre et apprendre à vivre différemment, cultiver un sol qui n’est pas fertile, collaborer avec les indigènes... Ces changements profonds n’étant pas simples au quotidien, il fallait une franche dose de persévérance et de foi ; une relation active avec le fil rouge conducteur « Dieu » pour arriver à une reconstruction.

En tant que femme, j’ai été surprise qu’une sculpture ait été érigée en signe de reconnaissance aux femmes qui ont effectué un dur labeur au Chaco (beaucoup d’hommes étant décédés, elles ont dû prendre la relève).

Je conclus par ces mots : en communion avec le Père et par la certitude de la foi en Jésus-Christ, nous pouvons par le travail communautaire faire de grandes choses, (nous) reconstruire, construire et donner de nous.

Fabienne Bringia 


 Poursuivre la réflexion après Paraguay 2009
Publié 17/08/2009 16:03:00 - Paraguay 2009

Pour faire suite aux entrées sur Paraguay 2009, voici quelques documents publiés par les Editions Mennonites qui reprennent certains aspects abordés par Frédéric de Coninck et d'autres auteurs.

Sur les questions économiques :

Développement et mission, Collectif, Cahier de CHRIST SEUL 2/1993

Evangile et pauvreté, par Jacques Blandenier, Cahier de CHRIST SEUL 2/1997

Grâce et économie - Plaidoyer biblique pour une attitude généreuse, par Claude Baecher, Dossier de CHRIST SEUL 1/2006

Sur l'engagement pour la paix et la non-violence :

Sans défense à cause de Christ, par John Toews, Cahier de CHRIST SEUL 1/1989

Comment travailler au bien de la nation ? Par Claude Baecher et Michel Gaudry, Cahier de CHRIST SEUL 3-4/1986

Des pas vers la paix - Recueil d'articles sous forme d'impulsions, Collectif, Dossier de CHRIST SEUL 4/2003-1/2004

Sur la réalité et le développement d'une communion d'Eglises mennonites à travers le monde :

Ecoutez ce que l'Esprit dit aux Eglises - 13e Conférence Mennonite Mondiale en 1998 à Calcutta, Collectif, Cahier de CHRIST SEUL 1-2/1998

Dons de chacun au service de tous - L'expérience d'une Eglise mondiale, par Pakisa K. Tshimika et Tim Lind, Dossier de CHRIST SEUL 4/2004-1/2005

Et un livre par l'auteur de plusieurs des photos et commentaires :

Construire l'Eglise, le travail de tous, par Frédéric de Coninck, Dossier de CHRIST SEUL 3/2008.

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 Bilan de 12 jours au Paraguay - par Frédéric de Coninck
Publié 22/07/2009 10:45:00 - Paraguay 2009

 

Les lumières du Rassemblement mennonite mondial se sont éteintes dimanche dernier. Cette foule quittant les lieux dans la nuit tombée m’évoque cette extinction des feux. Notre voyage collectif, organisé par Joie et Vie, prend fin ce jeudi à l’aéroport de Francfort. Il nous restera, Christine et moi, à prendre le TGV pour regagner Paris.

Que dire de ces douze jours passés au Paraguay ou dans sa proximité immédiate ? Vous avez perçu je pense, la richesse des expériences, des rencontres, des surprises, que j’ai connues. J’ai proposé des regards décalés, mais j’ai souvent été décalé moi-même.

Du Rassemblement lui-même, au cœur de ce voyage, je garde quelques impressions marquantes.

Nous avons passé notre temps à nous laver les mains et à nous les faire asperger d’alcool par des aérosols, puis nous avons partagé la cène avec des micro-pains individuels, virus H1N1 oblige. J’y ai vu, paradoxalement, un signe d’attention les uns pour les autres, plus qu’un signe de méfiance.

Dans les réunions plénières, j’ai particulièrement apprécié les moments de chant qui étaient bien animés, avec un répertoire assez neuf et des paroles… que j’aimerais chanter plus souvent en France. Il y avait là un renouvellement et un élargissement de la louange qui m’a beaucoup nourri.

J’ai par contre été déçu par les prédications que j’ai trouvées assez peu variées dans leur contenu et donnant très peu d’éléments d’actualisation. Les orateurs ont réaffirmé les piliers des convictions mennonites, mais le souffle prophétique manquait et je ne pourrais pas vous donner un mot d’ordre clair qui aurait émergé, ou l’exemple d’une conférence choc.

Les ateliers auxquels j’ai participé étaient inégaux, mais plutôt stimulants en moyenne. Ils restent, malheureusement, surtout fréquentés par des Européens ou des Américains du Nord. Cela a d’ailleurs provoqué une situation aussi absurde que grinçante, quand le responsable d’un atelier sur la lecture interculturelle de la Bible s’est rendu compte que 2/3 de ses auditeurs venaient d’Amérique du Nord !

Et finalement, l’intérêt essentiel aura été de voir comment chacun, dans son contexte, essaye de vivre le message de justice et de paix auquel nous sommes appelés. Cela a valu aussi pour ma visite du Chaco où, nonobstant les limites que j’ai pointées, j’ai vu que les mennonites venus d’Europe, à l’origine, essayent de pratiquer ce qui, pour l’instant, dans ce message, est à leur portée.

Voilà, le soir est tombé. Chacun rentre chez lui. La foule se disperse. La pancarte que j’ai photographiée est démontée, à l’heure qu’il est.

A une prochaine fois.

Frédéric de Coninck


 Verre à moitié plein ou à moitié vide ? - par Frédéric de Coninck
Publié 22/07/2009 10:20:00 - Paraguay 2009

  

Aujourd’hui, nous prenons l’avion à Asunción pour Sao Paulo, puis Francfort, que nous n’atteindrons, décalage horaire oblige, que demain en milieu de journée. Avant de vous proposer une ultime image-bilan, je vous envoie une dernière vue du Chaco, que nous avons quitté hier.  

Vous regretterez peut-être que je ne vous ai montré ni vaste plaine, ni rue interminable. Mais ce sont des objets difficiles à photographier. Les lignes droites sont le poison du photographe et les plaines, dédiées à l’élevage, non cultivées, sont dépourvues de couleur et de structure, plates à tous les sens du terme, surtout en cette période de sécheresse.

J’ai préféré cette scène captée dans l'une des usines laitières des entreprises coopératives qui règnent ici. Le corps de l’ouvrier fait une belle diagonale et son pied décollé du sol lui donne un air de légèreté. Dans cette usine ultramoderne, semblable à ce que l’on peut trouver en Europe, seul le conditionnement final est manuel. Il est effectué, à 100%, par des Indiens. Les mennonites des colonies germanophones détiennent les coopératives dont les Indiens sont salariés. Cela montre à la fois le chemin accompli et les questions qui restent en suspens.

On lit parfois, dans la presse, un tableau présentant des colonies mennonites refermées sur elles-mêmes, coupées de l’extérieur et réfractaires à tout contact. Ce n’est pas ce que l’on observe sur le terrain. Les occasions de collaboration entre les germanophones et les Indiens sont nombreuses et notamment dans le travail. Mais force est de constater que l’appartenance ethnique redouble les rapports hiérarchiques dans le travail, ce qui est plus troublant.

Cet ouvrier est certainement content d’avoir un travail qui lui permet de vivre mieux que la plupart des autres Indiens. Peu à peu, d’ailleurs, les Indiens du vaste Chaco se rapprochent de cette zone qui fournit de l’activité. Mais il est possible que cet ouvrier aspire aussi à un travail plus qualifié. J’ignore ce qu’il espère pour ses enfants. J’ignore les portes qui leur seront ouvertes. Mais pour l’heure, cette division stricte du travail entre groupes sociaux me met mal à l’aise.

En France, nous ne faisons pas tellement mieux. Les emplois subalternes sont souvent occupés par des immigrés ou par des enfants d’immigrés. Mais ni en France, ni ici, je ne puis me satisfaire de cet état de fait.

A demain…

Frédéric de Coninck


 Fêlures et soudures - par Frédéric de Coninck
Publié 21/07/2009 12:58:00 - Paraguay 2009

Le groupe Joie et Vie poursuit sa visite des colonites mennonites du Chaco au Paraguay. Impressions.

La statue à laquelle appartient cette tête de femme a été édifiée dans l'une des colonies mennonites du Chaco : la colonie de Neuland, fondée en 1947 par un groupe fuyant le communisme et le nazisme. De nombreux hommes avaient été déportés ou tués. Au sein de ce groupe, les femmes se retrouvèrent largement majoritaires. Elles durent, ainsi, se consacrer à des travaux agricoles que les hommes exerçaient auparavant. C’est la raison pour laquelle, à l’occasion des 60 ans de la colonie, celle-ci passa commande à un artiste, Viktor Just, d’une statue célébrant le travail accompli par ces femmes courageuses. Elle représente une femme labourant le sol.

L’ensemble, sans être monumental, pèse très lourd. De ce fait, lors du transfert de cette œuvre d’art depuis Asunción, elle bascula et se rompit. La tête, notamment, se détacha du reste. En l’observant bien, on devine une fêlure qui court du milieu du cou jusqu’à la base des cheveux. La soudure a été parfaitement exécutée, mais la marque de cette rupture reste. Le maire de l’époque commenta l’incident en disant qu’il était bien dans la ligne de ce que les femmes avaient souffert pendant ces années héroïques.

De fait, tout, dans le Chaco, est affaire de fêlures et de soudures.

Le souvenir de l’arrachement à la terre des ancêtres en Europe, de la perte des hommes, des morts pendant le voyage, reste vivace. Les mères ont transmis à leurs enfants (des personnes de ma génération) la mémoire de cette douleur et elle agit comme une plaie qui, cela m’a frappé, ne s’est pas refermée. Toutes les communautés vivent avec cette fêlure, avec une insécurité qui demeure. L’attachement à la langue des ancêtres participe de cette fêlure.

De l’autre côté se tient la question de la soudure avec les Indiens du cru. Les premières colonies, installées dans les années 20 tentèrent, dès 1936, de proposer un soutien et une place aux groupes indiens. Mais pour ces groupes, nomades auparavant, les choses étaient compliquées de toute manière. Ils devaient s’insérer dans un mode de vie sédentaire qui était, pour eux aussi, un arrachement. Peut-on dire qu’ils l’ont surmonté ? Pour autant que j’ai pu le voir, pas plus que l’autre groupe.

Aujourd’hui, de nombreux éléments de soudure sont construits, à tous le moins dans les groupes mennonites les plus ouverts qui sont ceux que nous avons rencontrés et chez les groupes d’Indiens les plus collaboratifs. Mais les fêlures demeurent, de part et d’autre.

A demain…

Frédéric de Coninck


 "L'enfert vert" - par Frédéric de Coninck
Publié 20/07/2009 20:12:00 - Paraguay 2009

Après l'Assemblée réunie à Asuncion, voici dès aujourd'hui et pour les prochains jours des images d'autres parties du Paraguay, en particulier du Chaco.

Le Chaco, région reculée… c’est peu de le dire ! Sitôt sortis d’Asuncion, une plaine parsemée de rares baraquements nous accueille. Et nous voilà partis pour six heures de route droite, avec les arbres clairsemés et quelques troupeaux de vaches pour toute compagnie. Au bout d’une heure, j’ai changé d’univers, au bout de six heures, c’est l’hébétude et je suis même surpris de devoir descendre du bus.

Entre temps, le climat a changé. Nous ne sommes plus dans l’hiver doux et pluvieux d’Asuncion, mais dans une région aride : le haut Chaco, frappée en ce moment par une longue sécheresse. C’est cette terre ingrate, que l’on appelait « l’enfer vert », que les premiers colons mennonites ont dû fouiller pour survivre puis prospérer.

Officiellement nous sommes en hiver. Le soleil tombe pourtant comme le plomb, peu éloigné de la verticale, dans la ville de Philadelphie qui ressemble furieusement à une bourgade du Midwest aux Etats-Unis.

Les rues perpendiculaires nous enferment dans leur géométrie parfaite, qui s’ajoute au soleil implacable.

Nous tournons en carré.

C’est dimanche. Il fait chaud. Personne n’est sorti dans son jardin. De rares véhicules traversent les rues désertées en soulevant brièvement des nuages de poussière, là où le goudron fait défaut.

Dans l'un des rares abris ombragés que nous dénichons, ces deux mobylettes jouent avec les éclats du soleil brûlant qui traverse le toit perforé.

La mobylette est, ici, le véhicule de base, dès que l’on n’a pas de matériel à transporter. Des jeunes sans casque sillonnent le bourg en chevauchant ces paisibles destriers. Mais j’ai déjà vu trois personnes agrippées sur un seul de ces engins. Surtout, il faut le dire, des Indiens : ils côtoient les colonies mennonites et bénéficient d’une partie de leur richesse, mais leur niveau de vie reste bien inférieur.

On devine, d’ailleurs, que la porte à gauche ouvre sur une buvette. Là quelques Indiens sirotent des boissons fraîches en regardant les programmes télévisés du dimanche après-midi.

A demain…

Frédéric de Coninck 


 Le chant phare de Paraguay 2009 - vidéo
Publié 19/07/2009 23:41:00 - Paraguay 2009

Voici une dernière vidéo de l'Assemblée réunie à Asuncion, avec le chant phare du rassemblement.

 


 Comment être artisan de paix dans des pays en guerre ?
Publié 19/07/2009 23:31:00 - Paraguay 2009

Un jeune participant de France raconte un atelier de discussion au cours du Rassemblement mennonite mondial au Paraguay.

Encore une journée bénie et bien remplie en compagnie des anabaptistes d'à travers le monde.

Aujourd'hui c'est encore une fois la parole (ou plutôt le clavier) à un jeune, et j'en profiterai pour partager une expérience vécue dans un “taller” (atelier de discussion).

Comment vivre sa foi en tant que jeune, mennonite anabaptiste dans un pays où sévit la guerre et où des droits fondamentaux sont bafoués. Tel est le défi que se sont lancé une vingtaine de jeunes d'Amérique du Sud et du Congo en essayant de trouver des pistes de réflexions face à ces réalités.

Carlos, jeune colombien, partage: « Autrefois le service militaire était obligatoire en Colombie, et à la fin de celui-ci, on remettait au jeune militaire récemment formé une carte ID (« Identity Card ») militaire, qui lui permettait d'étudier, de travailler dans les services de l'État voire même sortir du pays et voyager. » Les sollicitations des jeunes mennonites colombiens à postuler comme objecteur de conscience ont posé de nombreux problèmes et le plus souvent furent rejetés par le gouvernement.

Carlos a partagé quelques unes de ses expériences au camp militaire ; la frayeur quand retentit l'alerte et que pour la première fois, il ne s'agit pas d'une simulation ; le tiraillement intérieur entre l'ordre des généraux de « tirer sur tout ce qui bouge » et celui de Jésus, de tendre l'autre joue à celui qui nous frappe..., quel conflit de valeur !

Et comment rester indifférent face aux horreurs commises par les rebelles au Congo notamment au travers des violences à l'encontre des femmes. Bruna, déléguée du Congo, a partagé quelques unes de ces expériences émotionnellement fortes.

Alors comment vivre en tant que jeune ce commandement d'amour du prochain lorsque dans notre quotidien, tout ce qu'on observe va à l'encontre de ce témoignage de réconciliation et de pardon ?

Et quel rôle peut avoir l'Église locale dans ces pays ? Et nous en tant que communauté internationale et pays favorisés, quel sont nos moyens pour défendre les droits des plus faibles (femmes violées, enfants et jeunes enrôlés) ?

Telles furent quelques unes des questions sur lesquelles nous nous sommes penchés.

L'important est alors de toujours rester en mouvement dans cette réflexion vers la paix que nous propose Jésus-Christ, et de nous laisser modeler et inspirer par le Prince de Paix,

Puissions-nous également aujourd'hui penser au privilège que nous avons de vivre dans un pays où la liberté de conscience nous est laissée, et ayons une pensée pour ceux qui aujourd'hui encore devront se poser à nouveau la question : comment puis-je aujourd'hui oeuvrer pour la construction de la réconciliation dans mon pays et mon ethnie ?

Elisée Goldschmidt


 Ville grouillante... - par Frédéric de Coninck
Publié 19/07/2009 21:21:00 - Paraguay 2009

Nous quittons ce matin Asuncion pour l’ouest du pays : le Chaco, là où les colonies mennonites se sont implantées au XXe siècle.

Alors, quelle image retenir de cette ville, au centre d’une agglomération d’un peu moins de deux millions d’habitants ?

Je me place à la sortie du marché que nous visitons et regarde passer les vieux bus aux couleurs vives qui avancent au ralenti, en file ininterrompue, toutes portes ouvertes, et dans lesquels les passagers montent au vol.

Sur le trottoir d’en face, les pancartes hétéroclites forment un bandeau ininterrompu. J’essaye de cadrer la scène, mais la lumière me joue des tours. Je vois le moment où notre propre bus va arriver et je commence à m’énerver de mes échecs successifs. Je suis sur le point de renoncer quand notre bus apparaît au bout de la rue et voilà que, juste devant lui, un superbe bus me donne une dernière chance. Mes échecs précédents me servent de leçon : je bouche l’horizon avec le bus et je déclenche deux fois.

Et, soudain, la chance me sourit : un vendeur ambulant passe avec son plateau jaune qui capte la lumière. Ça y est ! J’ai une image qui fait sens. Les véhicules sont proches à se toucher. Piétons, motos, voitures, bus, avancent dans un méli-mélo resserré. Derrière moi, le marché propose ses allées étroites où la foule se presse et où les porte-monnaie peuvent s’envoler. Un volontaire du congrès me conseille de veiller à mon appareil photo.

Cette ville grouillante avec ses charmes et ses dangers représente une bonne synthèse des impressions fluctuantes qui me restent, après ces quelques jours où nous avons côtoyé Asuncion, transportés de lieu en lieu, au hasard des différentes navettes qui nous ont pris en charge.

Tous les acteurs de cette scène se dirigent vers la droite de l’image, là où, par convention, se tient l’avenir. Qu’ai-je envie de leur dire ?

Bonne chance !

A demain...

Frédéric de Coninck


 "Servir comme Christ" = "Sirviendo como Cristo"
Publié 18/07/2009 17:59:00 - Paraguay 2009

Un participant français au Rassemblement mennonite mondial au Paraguay partage sa "récolte".

Ceux qui se souviennent de leur passé auront un avenir... Les mennonites néerlandais ont présenté le « panorama historique mennonite » sous forme de frise, bientôt disponible. Plusieurs ateliers ont évoqué les mennonites en Russie et je partage à ce propos une réflexion personnelle.
Leur expérience a été semblable à celle des Hébreux en Egypte. D´abord appelés à s'installer en Russie par un "pharaon" bienveillant à leur égard (Catherine de Russie)... Plus de 100 ans plus tard, sous un "pharaon" (Staline) qui ne voulait plus rien savoir de leur passé, les mennonites russes ont été terriblement persécutés à cause de leur foi et de leurs origines. Mais dans sa grâce, Dieu a permis que beaucoup sortent d'Egypte (l'URSS) et retrouvent une terre promise, le Paraguay en particulier, pour y servir le Seigneur en toute liberté.

Jean-Claude Parlebas


 Akuna akeita - vidéo
Publié 18/07/2009 17:45:00 - Paraguay 2009

" Il n'y a personne comme Jésus", le "chant-tube" du Rassemblement de 2003 au Zimbabwe repris au Paraguay !

 


 L'envers du décor - par Frédéric de Coninck
Publié 18/07/2009 17:28:00 - Paraguay 2009

 

Oui, j'avoue, la photo du jour est un peu narquoise. J'imagine que vous voudriez savoir ce qu'il y a de l'autre côté ! Un participant, encore plus narquois que moi, regarde cette photo et me dit : je pense que tu préférais ne pas le montrer !
Allez, je vais essayer de m'expliquer.
Je suis passé derrière ces panneaux et la vue de ces pieds m'a ravi. Vous y voyez déjà à l'oeuvre mon amour particulier pour l'envers du décor. J'aime voir comment les choses sont montées. On n'est pas sociologue pour rien ! Dans toute action publique, il y a une mise en scène et, pour cette raison, je trouve toujours l'examen des décors et du carton-pâte instructif.
Mais ces pieds me disent, également, autre chose. D'abord, ils forment un harmonieux balai. Le pied le plus à gauche est en train de bouger et il provoque un léger flou qui donne du mouvement à la scène. La manière même dont les pieds sont disposés dans l'espace est dynamique. Je regarde le résultat après avoir déclenché et j'essaye de faire mieux. Mais je me rends compte que j'ai réussi du premier coup, et plus ou moins au jugé, la photo parfaite. Ces pieds montrent des personnes qui s'intéressent à une exposition. La dynamique même de l'image démontre cet intérêt.
Or c'est cet intérêt qui m'importe, plus que ce que les personnes sont en train de regarder. Car il me paraît significatif de ce rassemblement, marqué par un intérêt sincère des uns pour les autres. Chacun va (dans les limites de ses compétences linguistiques) à la rencontre des autres. Cela se fait en plénière, dans les ateliers, ou à table, au hasard des placements.
Lorsque l'on participe à un atelier, il est parfois difficile de dire exactement ce qu'on en a retiré. Mais l'expérience de la rencontre reste. Je ne peux pas faire, non plus, un résumé de ce que j'apprends au jour le jour, mais l'ambiance des multiples échanges me marque.
Il en va de même pour ces pieds. L'essentiel n'est pas ce qu'ils voient, mais qu'ils voient quelque chose. Je ne sais pas ce qui leur restera de ces moments passés devant une exposition. Mais ils ont acceptés d'être déportés, pendant quelques minutes, de leur univers familier et c'est là l'essentiel.
Voilà ce que me dit cette photo.
Plus je la regarde, plus elle me plaît.
A demain...

Frédéric de Coninck


 Métamorphose - par Frédéric de Coninck
Publié 18/07/2009 17:13:00 - Paraguay 2009

 

Une grande salle, au 4e étage du bâtiment où se déroule la conférence, est consacrée à l'exposition d'œuvres artistiques. Je m'y promène, un peu au hasard, et, soudain, je suis retenu par l'œuvre ici photographiée. J'y perçois tout de suite un travail original et fort.

Je traduis le commentaire en espagnol qui l'accompagne :

« Métamorphose : Cette œuvre (de 2004) du sculpteur Herman Guggiari représente la transformation du cœur d'une personne au travers de sa rencontre avec l'évangile de Jésus-Christ. Les armes artisanales qui y sont incorporées proviennent des prisonniers de la centrale de Tacumba qui se sont proclamés conquis par l'amour divin. »

J'aime le travail formel accompli. Les lames qui percent le Christ sont les couteaux du crime. Mais plus fort encore, le cœur qui accueille le Christ en son centre est constitué lui-même de coutelas divers, mais de coutelas courbes. La lame fléchit devant l'amour du Christ.

La manière même dont la conversion est décrite dans la notice est forte. Elle parle d'un dialogue de cœur à cœur qui transforme la personne. Et de quoi d'autre pourrait-on parler à des prisonniers qui ont désespéré de la place de l'amour dans la vie ?

Il y a autre chose qui me touche : ces poignards agrégés à l'œuvre sont le signe d'une proximité et d'une confiance entre l'artiste et les prisonniers.

Cette sculpture s'inscrit dans une démarche qui engage autant les prisonniers que l'artiste qui se rejoignent l'un l'autre. J'y vois la marque d'un lien renoué entre les bannis de la société et ceux qui ont pignon sur rue.

Plus tard, en me promenant parmi les stands des Eglises et œuvres mennonites qui présentent leur travail, j'ai l'explication de cette proximité. Un travail d'aumônerie très poussé est mené dans cette prison. A côté d'un accompagnement spirituel, l'occasion est donnée aux prisonniers de renouer avec une famille qui les a souvent reniés et/ou d'être pris en charge dans la prison et à leur sortie par une communauté qui rend possible leur réinsertion. Un CD présente le travail qui a été accompli là-bas depuis, aujourd'hui, 25 ans.

La sculpture parle parfaitement de cette évangélisation globale qui apporte aux captifs la libération dans toutes les dimensions de leur être.

A demain.

Frédéric de Coninck


 Tantôt princes, tantôt masse - par Frédéric de Coninck
Publié 18/07/2009 17:02:00 - Paraguay 2009

Frédéric de Coninck continue à livrer une photo par jour en provenance d'Asuncion au Paraguay, commentée.

Nous vivons avec ce congrès de grands contrastes. La photo du jour représente un exercice intéressant de vie communautaire : le retour le soir à l'hôtel dans un autobus brinquebalant et bondé, après avoir attendu le temps nécessaire pour que tout le monde soit là. Après le bus climatisé qui nous a véhiculés jusqu'ici dans le cadre du voyage Joie et Vie, cela frappe l'imagination !
Mais tout est comme cela. A un pâté de maisons de notre hôtel, il y a une grande place envahie par des sans abri. Sous des bâches en plastique qui tiennent lieu de tentes, des familles entières tentent de survivre sous l'oeil des policiers en armes qui quadrillent la place.
Pendant les réunions, nous sommes assis dans une superbe salle. Mais ensuite il faut faire la queue pour tout, même si l'organisation est impeccable. Il faut faire une demi-heure de queue pour avoir un café. Les connexions Internet sont saturées. Sitôt que l'on est assis à table, il faut se lever pour laisser la place aux suivants.
Le résultat est que nous sommes tantôt traités comme des princes et tantôt comme une masse.
Je trouve que c'est bien représentatif d'Asuncion où des ilôts de richesse côtoient sans transition des poches de pauvreté. Les constructions dégradées jouxtent les bâtiments flambants neufs. Tout se heurte et tout me heurte. La surprise est à tous les coins de rue et pendant la journée, au congrès, je dois changer de positionnement sans cesse.
Riche expérience !
A demain.

Frédéric de Coninck


 Jesu azali awa - vidéo
Publié 18/07/2009 11:35:00 - Paraguay 2009

C'est un signe de l'Eglise mondiale : un chant congolais au Paraguay, connu de certaines Eglises en France !

 


 Des routes au Chemin
Publié 18/07/2009 11:14:00 - Paraguay 2009

Une participante française au Rassemblement mennonite mondial au Paraguay médite sur les routes et le Chemin.

En ce mois de juillet 2009, où toutes les routes mènent à Asunción au Paraguay, je voudrais évoquer trois d’entres elles.

La première est la plus récente, c’est celle que nous avons empruntée pour venir ici. Route terrestre et aérienne, toute neuve, très rapide. Dieu nous y a précédés et a cheminé avec nous.

Il a été question de la seconde ce matin par la bouche de l’un de ses constructeurs, Clair Brenneman. Jeune homme, il participa au programme PAX du MCC qui eut pour but de construire une route du Chaco à Asunción afin que les réfugiés mennonites installés au Chaco puissent aller vendre leurs produits laitiers à la capitale. La construction de cette route de 400 km de long dura 5 ans entre 1966 et 1971, en deux chantiers, un parti d’Asunción au sud vers le nord et l’autre du Chaco vers le sud. Clair Brenneman nous encouragea à continuer à construire des routes les uns avec et vers les autres, et ensemble avec le Christ pour maître constructeur.

La troisième est de loin la plus ancienne. C’est celle qu’ont suivie nombre de mennonites de la Russie jusqu’au Chaco paraguayen. Cette route fut longue, très longue, extraordinaire dans son ensemble, dramatique bien souvent.

Or, savez-vous que les mennonites de France furent une étape « douce et bienveillante » au cours du voyage de deux de ces groupes ? En avril 1932, les assemblées françaises chargèrent Pierre Sommer de se rendre à Marseille pour apporter une assistance fraternelle, spirituelle et financière à ces frères et sœurs en diaspora, ainsi que l’accompagnement jusqu’au Havre où ils devaient reprendre le bateau du dernier voyage.

Et là, au Havre, David et Elisabeth, jeunes fiancés mariés civilement à Kharbine en Chine, demandèrent à cet ancien d’une assemblée mennonite française de bénir leur union. Pierre Sommer demanda la bénédiction de Dieu sur leur union sur le bateau même.

En ce 16 juillet 2009, 77 ans plus tard, la route de trois des petites-filles de David et Elisabeth a croisé celle d’une des petites-filles de Pierre Sommer ; et dimanche peut-être, celle d’Elisabeth elle-même… à suivre. Quelle route ! Que de reconnaissance de se « retrouver » si longtemps après : « Marchons ensemble sur le chemin de Jésus-Christ ».

Marguerite Nommay-Sommer


 Chaleur de la musique et du chant d'Amérique latine - vidéo
Publié 18/07/2009 10:45:00 - Paraguay 2009

Pour goûter au Rassemblement mennonite mondial au Paraguay, voici une vidéo d'un groupe sud-américain, fournie par un participant français Olivier Huber.

 


 Un village de tentes
Publié 18/07/2009 10:25:00 - Paraguay 2009

En ce début de la première journée complète du rassemblement mondial (15 juillet), j’installe quelques éléments typiques de notre culture (vins, petits gâteaux) et de nos Eglises de France (photos de bâtiments, dépliants sur les œuvres) sur des tables du  village mondial. C’est un modeste ensemble de tentes assez grandes pour recevoir une exposition des Eglises réparties par continent.

Pour ce qui concerne l’Europe, nous manquons de place ; plus tard, en faisant le tour du « village », je remarque que l’espace réservé aux Européens, berceau historique des mennonites est... identique à celui des autres continents. L’Amérique du nord même a perdu sa primauté qui revient au sud du continent et au Paraguay, pays hôte. Le restant de la journée, cette idée me rejoint : depuis la dernière conférence à laquelle j’assistais il y a 25 ans, l’évolution amorcée devient patente:
les chignons couverts d’une bonnette ont fait la place aux coiffures modernes, les visages blancs aux teints cuivrés ou noirs, l’allemand ou l’anglais à l’espagnol et au guarani. Extrême diversité.

Alors que les « signes extérieurs » qui caractérisaient les mennonites s’estompent, l’identité de cet ensemble se déplace vers des valeurs partagées qui sautent moins aux yeux : la centralité de Christ, la clarté de la Parole lue ensemble, l’importance de la vie communautaire, la foi comme vie sans défense mais luttant activement contre le mal, le service concret comme annonce de l’Evangile... Voilà ce qui unit et attire des chrétiens de tous les continents et de toutes les cultures.
En Amérique du Sud, où les mennonites ethniques sont relativement rares, on se définira alors plus volontiers comme « anabausistas ».  Le Paraguay résume cette évolution dont on rêve qu’elle s’étende à la « vieille Europe » : les quelques 30 000 mennonites rassemblés en colonies
se mettent au service de leurs concitoyens et leur témoignage concret modifie le paysage du pays dans toutes sortes de domaines : l’ouest du pays (le « Chaco ») où ils sont économiquement très actifs ne connait pas la crise, le microcrédit se développe, les médecins et soignants mennonites proposent des prises en charge nouvelles (maladies psychiatriques, lèpre, ophtalmologie...). Une chose me frappe : dans chaque conversation avec jeunes ou plus âgés, je ressens le sens d’une
mission au service des pauvres de leur pays d’adoption. C’est ce que proclame sans fausse pudeur, la stèle gravée qui trône à l’hôpital pour lépreux : « L’amor de Dios nos obliga », « L’amour de Dieu nous presse/motive» (d’après 2 Cor 5,14).

Les mennonites du Paraguay sans renoncer à leur langue, leurs cantiques ou leur cuisine élargissent « l’espace de leur tente » (cf. Es 54,2). Cela reste une tente, fragile, précaire mais assez large pour accueillir ceux qui ont besoin de l’amour de Christ.

Daniel Goldschmidt


 Le miracle des rencontres
Publié 18/07/2009 08:19:00 - Paraguay 2009

Ces impressions d'une jeune participante ont été écrites le 14 juillet, après le Sommet mondial des jeunes et le jour du début du Rassemblement mennonite mondial. Avec nos excuses pour le retard !

Nous sommes mardi, le Rassemblement a vraiment commencé. Ce 14 juillet, ce sont deux vendeurs d’une boutique de bibelots qui m’ont rappelé que nous étions jour de fête nationale. J’ai perdu tous mes repères français : l’heure, le climat, la langue, l’atmosphère dans la rue, tout est différent.
Depuis que le Sommet mondial de la jeunesse (Global Youth Summit) a commencé vendredi dernier 10 juillet, nous avons trouvé un lieu où les cultures se rassemblent, échangent et se mélangent. Un pays de tous les pays, où l'on entend toutes sortes de langues et d’accents. C’est magique de voir deux personnes qui viennent de lieux si différents, qui ne parlent même pas la même langue, parler et rire ensemble avec mimiques et/ou interprètes. Cela me donne une vague idée de ce qu’a pu être la Pentecôte…
Ces trois jours de GYS ont été riches en rencontres et échanges, découvertes et réflexions, autant lors de moments officiels que lors de discussions impromptues où l’on refait le monde autour du « maté » ou d’un « cocido ».
Et aujourd’hui, le grand rassemblement commence. Je croyais que nous étions nombreux au GYS avec nos 740 participants ; mais maintenant, c’est vraiment la foule, il y a des milliers de personnes. La figure vaguement familière de hier devient le meilleur ami d’aujourd’hui. C’est tellement difficile de croiser quelqu’un de connu que chaque rencontre est un miracle. Les miracles des rencontres, voila ce que je garderai de nos rassemblements.

Salomé Haldemann


 Spectateurs ou acteurs ? - par Frédéric de Coninck
Publié 16/07/2009 17:28:00 - Paraguay 2009

Voilà ! Nous sommes arrivés au congrès, dans cette Église d’Asuncion qui ressemble à un centre de conférence ultramoderne. Au moment où je prends la photo, 3000 personnes sont dans la salle. C’est peu comparé à la foule qui se presse au moindre match de football de deuxième division, mais cela paraît quand même beaucoup quand on y est.

Et puis ce n’est pas le même genre de foule que celle d’un stade. D’un certain côté l’effet est le même : nous communions dans une même ferveur au travers des chants ou des applaudissements. Mais nous ne sommes pas là pour assister à un combat entre deux équipes dont nous espérons que l’une vaincra. Je dirais même, au contraire, que la coopération est, ici, valorisée, à l’opposé de la compétition. La Conférence Mennonite Mondiale travaille depuis des années à faire entrer dans les faits un authentique multiculturalisme et le résultat est perceptible. Je n’ai pas fréquenté ce genre de conférence depuis 25 ans et je mesure le chemin parcouru. A l’époque, les orateurs masculins d’Amérique du Nord occupaient l’essentiel du temps de parole. Aujourd’hui les choses sont nettement plus équilibrées. Un Africain succède à une femme à la tête de la conférence mondiale. L’Amérique du Sud fournit la moitié des conférenciers (proximité oblige) et l’Inde et la République démocratique du Congo contribuent également.

Et puis il y a une autre différence entre cette foule et celle d’un match de football. Dans un match de football on assiste à une performance accomplie par quelques héros starisés. On vit par procuration une vie de gloire qui est hors de notre portée.

Ici, les deux femmes qui s’adressent à la foule, en haut à gauche de l’image, ne se posent pas comme des stars. Elles appellent chacun à se déterminer et à vivre pour soi-même la vie à laquelle le Christ nous appelle. Nous ne sommes pas en train de nous fondre passivement dans la célébration d’un événement dont d’autres sont les acteurs. Nous sommes encouragés à devenir acteurs nous-mêmes avec l’aide du Christ.

L’ambiance est différente : de l’enthousiasme, oui, mais aussi de la gravité et de la responsabilisation. Cela se voit-il sur l’image ? Il me semble, mais j’exagère peut-être.

A demain ...

Frédéric de Coninck

 


 Arrivée au Paraguay : Ciudad del Este - par Frédéric de Coninck
Publié 16/07/2009 12:08:00 - Paraguay 2009

Mardi matin, nous entrons au Paraguay par la bien nommée Ciudad del Este (Ville de l’Est), point situé sur la frontière orientale du pays. La ville a été fondée, en son temps, par le dictateur qui a régné sans partage sur le Paraguay. A l’époque, elle portait son nom : Port du président Stroessner. Suite au putsch de 1989 qui l’a destitué, la ville a été rebaptisée. Le concept était de faire rentrer des devises dans le pays en vendant à bas prix des marchandises chics faiblement taxées.

La dictature est passée mais le concept est resté : d’Argentine comme du Brésil les voyageurs se pressent. Ciudad del Este est le seul aéroport commercial du pays en dehors de la capitale Asuncion. Certains font l’aller et retour en avion juste pour faire provision d’ordinateurs bon marché, de téléphones ou d’appareils électroménagers. Les commerces ouvrent au milieu de la nuit pour être en phase avec les horaires des avions. En principe les achats sont limités pour chaque personne, mais la douane contrôle les identités plus que les bagages. Les échanges en liquide foisonnent. Une large partie de l’activité est « souterraine » comme on dit.

Pendant que je fais la photo, deux personnes différentes me proposent des ordinateurs sur catalogue. Je ne rentre pas dans les détails avec eux, on l’imagine !

La ville grouille ; elle me fait penser au quartier populaire de Barbès à Paris. Un homme passe dans le champ de la photo en téléphonant. Quatre autres discutent sur le trottoir d’en face. Des camionnettes attendent pour amener ou emporter de la marchandise.

La route qui mène à Asuncion traverse ensuite de longues prairies parsemées de rares villages. Peu de routes sont goudronnées et les engins agricoles sont tirés par des bêtes de trait. Sur la grand route nous croisons plus de mobylettes que de voitures.

Ciudad del Este tranche, sans aucun doute. Là l’argent circule à haute dose et les premiers hectomètres, juste après la frontière, sont envahis d’échoppes et de placards publicitaires. Au milieu de la prairie une verrue commerciale a surgi.

Comme souvent dans les pays émergents je suis aussi surpris qu’impressionné de voir ce qui émerge en premier.

A demain.
 
Frédéric de Coninck

 


 Rassemblement mennonite mondial : jour 1 - vidéo
Publié 16/07/2009 11:24:00 - Paraguay 2009

Pour goûter un peu de ce que nos amis vivent au Paraguay, voici une vidéo de la rencontre d'ouverture.

Merci à Olivier pour l'envoi malgré les difficultés techniques !

 


 Paraguay 2009 : une symphonie de sons et de couleurs - par Frédéric de Coninck
Publié 14/07/2009 22:21:00 - Paraguay 2009

 

J’en suis resté hier à la question du multicolore. De ce point de vue nous avons été servis ce matin, avec le parc ornithologique qui jouxte notre hôtel. Le toucan qui nous regarde du coin de l'œil, sur la photo du jour, est l’une des attractions du parc. Mais j’aurais dû, à vrai dire, emmener un enregistreur MP3, car la symphonie de couleurs n’est rien sans le concert qui l’accompagne.

Je pense irrésistiblement au compositeur français du XXe siècle, Olivier Messiaen, qui s’est si fortement inspiré du chant des oiseaux pour écrire sa musique. Ce matin j’entends tout ce dont parle Messiaen : chaque oiseau a son style rythmique propre, mais aussi sa couleur sonore et sa mélodie.

Les thèmes s'entremêlent. Il n’y a pas de chef d’orchestre pour faire respecter la mesure. L'idée même de musique a 2, 3 ou 4 temps est totalement dépassée. On se trouve très au-delà de tout cela. Je suis transporté dans un univers chatoyant où les sons, les cris et les chants se croisent et se superposent. Au bout de cinq minutes, immergé dans ce flot de couleurs picturales et sonores, je « décolle ». J’ai l’impression de me promener au milieu du jardin d'Éden !

Le texte de l'Évangile de Matthieu me vient en mémoire : « Regardez les oiseaux du ciel ... ne valez vous pas beaucoup plus qu’eux ? » (Mt 6.26). Beaucoup plus que ce son et lumière exaltant ? C’est presque difficile à croire !

Mais, oui, je perçois la gratuité de l’amour de Dieu qui fait tout à profusion et sans avarice. Dieu ne mesure pas son travail pour nous combler.

Au bout d’un moment le ciel se couvre, les couleurs s'éteignent et le chant des oiseaux se fait plus discret. L’enchantement prend fin.

Demain nous partons pour Asunción. Cette fois-ci je vous écrirai vraiment depuis le Paraguay ! C’est là que le Rassemblement mennonite mondial commence, demain soir. Les langues, les cultures et les spiritualités vont se croiser. Je me plais à imaginer cela à l’exemple du concert de ce matin.

Que la diversité ne soit pas déchirure mais feu d’artifice, polyphonie et polyrythmie. Dieu ne veut-il pas nous enseigner quelque chose de sa manière d'être au travers du chant des oiseaux ?

À demain.

Frédéric de Coninck

 


 Paraguay 2009 : les chutes d'Iguaçu - par Frédéric de Coninck
Publié 13/07/2009 19:10:00 - Paraguay 2009

Aujourd’hui nous voilà loin du monde des villes et de leurs contrastes. Nous plongeons dans la forêt subtropicale à la rencontre des chutes d'Iguaçu du côté argentin. Le parcours est balisé de manière à éviter que les touristes se perdent ! Ici un petit train, là un ponton qui franchit des bras d’eau, ailleurs un camion qui nous attend pour nous ramener au point de départ.

Et pourtant l’eau avec sa fausse tranquillité garde sa majesté inquiétante. Nous franchissons de paisibles rivières qui se transforment soudain en cataractes puissantes.

Les quelques personnes qui surgissent en bas à gauche de la photo donnent l'échelle de l'évènement. Comme souvent, dans la nature, nous sommes ramenés à notre juste place. Je me sens a peine plus important qu’une fourmi. Alors que je pensais dominer les flots il y a une demi-heure, sur mon ponton de fer, plus rien de tel ne vient me rassurer ici.

L’arc-en-ciel m’adresse un signe de paix tout en m'évoquant les eaux du déluge qui auraient vite fait de m’engloutir. Dieu retient sa main, mais sinon que pourrais-je faire ?

Et la journée continue. Nous tournons dans ce site immense où les cascades succèdent aux cascades. De nouveaux points de vue surgissent sans cesse.

À la fin, clou de la journée, nous montons sur un esquif ouvert au vent et aux flots et c’est la douche totale. Au pied des chutes d’eau nous sommes ballotés, secoués, inondés par des vagues qui passent par dessus bord, tandis que la douche tombe directement du ciel.

Les ponchos imperméables dérisoires dont nous nous sommes revêtus n'empêchent pas que je dois me changer des pieds à la tête à l'arrivée. La nature a parlé !

Au retour il nous faut parcourir le chemin inverse du matin : sortir d’Argentine et rentrer au Brésil pour regagner notre hôtel. C’est le moment de nous souvenir des hommes et de leurs frontières. De longues formalités nous attendent de nouveau ... bien plus courtes cependant que ce que nous infligeons en Europe aux étrangers arrivant chez nous ! La paix de l’arc-en-ciel ferait du bien aux rapports entre nations ! Savons-nous encore apprécier le charme de ce qui est multicolore ?

À demain.

Frédéric de Coninck

 


 Paraguay 2009 : premières impressions... du Brésil - par Frédéric de Coninck
Publié 12/07/2009 22:50:00 - Paraguay 2009

Le groupe voyageant avec Joie et Vie est arrivé en Amérique du sud samedi 11 juillet.
Frédéric de Coninck nous livre ses premières impressions.

 

 

Nous sommes à Iguaçu quelque part dans la zone des trois frontières, entre le Paraguay, l’Argentine et le Brésil.
Iguaçu est au Brésil. C’est par là que nous sommes arrivés. Il s’agit d’une ville champignon de 300000 habitants née pratiquement du néant à l’occasion de la construction d’un barrage gigantesque, commun entre le Paraguay et le Brésil. L’urbanisation décourage toute généralisation. Il y a des baraques en bois, des tours de 20 étages, des rues discontinues, bref des objets posés ça et là sans logique d’ensemble.
C’est difficile d’arriver dans un pays en situation de touriste et en groupe qui plus est.
Beaucoup de choses nous échappent dans l’enclos de notre hôtel pour étrangers ou pour Brésiliens fortunés.
Je ne sais pas quoi photographier, je déclenche sans conviction et puis soudain je vois ce groupe de trois chauffeurs de bus en uniforme qui discutent entre eux dans un rayon de lumière. Je déclenche immédiatement, avant qu’ils me prêtent attention.
Moyennant un léger recadrage, c’est l’image que je cherche.
Il y a quelque chose de mystérieux et de secret dans ce conciliabule à l’écart des touristes.
On voit une partie de la scène tandis que le reste est dans l’ombre. Les portillons du premier plan, légèrement bleutés, s’opposent à la tache orange des chauffeurs. Ils marquent une barrière qui me maintient hors de la scène.
C’est ainsi que je suis aujourd’hui : réduit à imaginer, par éclairs, une situation qui me fuit. La pauvreté ne se montre pas à visage découvert : elle se devine dans le contraste d’une façade de maison à l’autre, au sein de cette ville champignon qui a survécu au chantier qui l’a fait naitre.
J’aime ces chauffeurs avec leur quant à soi.
J’aime cette lumière chaleureuse, autant que cette distance manifeste qui demeure.

 

À demain.

 

Frédéric de Coninck


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