Où allons-nous avec nos moyens de transport ?

 Dans Christ Seul, Explorer

Du transport à dos d’âne aux moyens de transport modernes, quel chemin parcouru ! Où en sommes-nous ? Où allons-nous ?

Du transport à dos d’âne aux moyens de transport modernes, quel chemin parcouru ! Où en sommes-nous ? Où allons-nous ?

Cette photo a été prise dans une gare du RER parisien en fin de journée. Les personnes sont de dos (ce qui est recommandé lorsque l’on prend une photo en public). Il est donc difficile de savoir si elles ont l’air fatigué, pressé, énervé ou tranquille. On voit simplement qu’elles sont nombreuses, à cette heure où de nombreux Parisiens sont dans les transports en commun.
Ce qui me frappe en tout premier lieu, aujourd’hui, lorsque je regarde l’image, est l’arc au-dessus des portillons automatiques qui, par ailleurs, se reflète au premier plan. L’ensemble ressemble à une sorte de bouche géante prête à avaler les voyageurs. Les lignes verticales qui parcourent cette bouche font, d’ailleurs, penser à des dents prolongées par les portillons. J’ai peut-être trop d’imagination ! Mais ne parle-t-on pas de « bouche de métro » ? Je ne suis apparemment, pas le premier à avoir pensé à cette image !

Liberté et contraintes

Les transports sont porteurs de valeurs ambiguës.
D’un côté, chacun aspire à se déplacer. La liberté de circuler fait partie des libertés auxquelles chacun de nous est le plus attaché. Aller ailleurs est la promesse de découvertes enrichissantes, d’un élargissement des horizons, de rencontres nouvelles. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Le peuple d’Israël a été un peuple de nomades avant de se sédentariser. Jésus a eu un ministère itinérant pendant la majeure partie du temps. Les Actes des apôtres réalisent le mandat que Jésus a donné à ses disciples avant de les quitter : « Vous serez mes témoins, à Jérusalem, dans toute la Judée, en Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1.8). Un tel mandat porte la marque d’élargissements successifs, de transports, de voyages, de nouvelles frontières. L’Evangile se répand au gré de la mobilité des apôtres.
Transport rime donc avec liberté et élargissement des perspectives. Mais il rime aussi avec bouchons sur les autoroutes, transports en commun saturés, fatigue, temps perdu, lassitude et routine. Le métro et ses contraintes ont donné naissance à la formule bien connue : « Métro, boulot, dodo ».
Nous avons souvent l’impression, dans les transports, d’être coincés, d’être entassés les uns sur les autres, d’être un atome dans une masse. Les modèles de transport qui servent à prédire les bouchons, considèrent, par exemple, chaque automobile comme un atome dans un fluide en écoulement, obéissant à des règles standards. Et cette hypothèse donne des résultats assez fiables ! Lorsque je monte un escalier roulant aussi chargé que ceux qui déversent leur cargaison de voyageurs sur l’image de ce mois, j’ai souvent l’impression de n’être pas grand-chose de plus qu’une fourmi emportée par le mouvement d’une immense fourmilière qui m’englobe et me dépasse.
Les images de foule dans les métros, un peu partout dans le monde, sont un classique des travaux photographiques. Beaucoup d’artistes ont pris ces clichés pour nous interroger sur les choix collectifs qui sont les nôtres.

Promesse ou inhumanité ?

Que voit-on sur la photo ici reproduite ?
Voit-on de paisibles banlieusards qui rentrent chez eux, là où ils ont choisi d’habiter, après une journée de travail bien remplie ? Voit-on tout l’appareillage technique comme un moyen au service de ce mode de vie ?
Ou bien est-on plutôt frappé par les gigantesques tapis roulants qui charrient des individus interchangeables, par les portillons automatiques qui ont remplacé les poinçonneurs, par l’acier froid omniprésent ?
Voit-on cette bouche comme une ouverture vers un ailleurs ou comme un gouffre prêt à dévorer les longues minutes d’existences mornes et contraintes ? La lumière, au bout du couloir, derrière les portillons, est-elle une promesse, ou bien un élément fonctionnel de plus, nécessaire au bon écoulement de la foule, dans un univers mécanisé ?
Il est difficile d’apporter une réponse générale à de telles questions. Mais elles pointent, incontestablement, vers l’un des grands défis lancés à la société actuelle : nous avons énormément de moyens d’action à notre disposition, mais qu’en faisons-nous ? Nous parcourons l’espace à grande vitesse, mais où allons-nous ?

Questions à se poser

Cette question n’est, après tout, pas si nouvelle que cela. A l’époque où les disciples de Jésus sillonnaient l’Empire Romain, souvent à pied, parfois en bateau, des bateaux parcouraient la Méditerranée avec des marchandises collectées dans tout l’Empire, à destination de Rome. Le chapitre 18 de l’Apocalypse de Jean y fait clairement allusion. Lequel de ces deux transports était le plus utile ? Lequel ouvrait vers la liberté ? Lequel était le plus visible ? Lequel intéressait le plus de monde ? Lequel disposait de plus de moyens ? Lequel était le plus rapide ? Posons-nous ces questions à propos de nos moyens de transport actuels.

Crédit photo : Frédéric de Coninck

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