Paraguay 2009 : une symphonie de sons et de couleurs – par Frédéric de Coninck
J’en suis resté hier à la question du multicolore. De ce point de vue nous avons été servis ce matin, avec le parc ornithologique qui jouxte notre hôtel. Le toucan qui nous regarde du coin de l’œil, sur la photo du jour, est l’une des attractions du parc. Mais j’aurais dû, à vrai dire, emmener un enregistreur MP3, car la symphonie de couleurs n’est rien sans le concert qui l’accompagne.
Je pense irrésistiblement au compositeur français du XXe siècle, Olivier Messiaen, qui s’est si fortement inspiré du chant des oiseaux pour écrire sa musique. Ce matin j’entends tout ce dont parle Messiaen : chaque oiseau a son style rythmique propre, mais aussi sa couleur sonore et sa mélodie.
Les thèmes s’entremêlent. Il n’y a pas de chef d’orchestre pour faire respecter la mesure. L’idée même de musique a 2, 3 ou 4 temps est totalement dépassée. On se trouve très au-delà de tout cela. Je suis transporté dans un univers chatoyant où les sons, les cris et les chants se croisent et se superposent. Au bout de cinq minutes, immergé dans ce flot de couleurs picturales et sonores, je « décolle ». J’ai l’impression de me promener au milieu du jardin d’Éden !
Le texte de l’Évangile de Matthieu me vient en mémoire : « Regardez les oiseaux du ciel … ne valez vous pas beaucoup plus qu’eux ? » (Mt 6.26). Beaucoup plus que ce son et lumière exaltant ? C’est presque difficile à croire !
Mais, oui, je perçois la gratuité de l’amour de Dieu qui fait tout à profusion et sans avarice. Dieu ne mesure pas son travail pour nous combler.
Au bout d’un moment le ciel se couvre, les couleurs s’éteignent et le chant des oiseaux se fait plus discret. L’enchantement prend fin.
Demain nous partons pour Asunción. Cette fois-ci je vous écrirai vraiment depuis le Paraguay ! C’est là que le Rassemblement mennonite mondial commence, demain soir. Les langues, les cultures et les spiritualités vont se croiser. Je me plais à imaginer cela à l’exemple du concert de ce matin.
Que la diversité ne soit pas déchirure mais feu d’artifice, polyphonie et polyrythmie. Dieu ne veut-il pas nous enseigner quelque chose de sa manière d’être au travers du chant des oiseaux ?
À demain.
Frédéric de Coninck