Qu’est-ce que la foi chrétienne ?

 In Christ Seul

Il n’est certainement pas anodin que, selon les évangiles, Jésus débute son ministère en appelant des hommes à le suivre. Ainsi, la foi chrétienne prend racine là où des hommes et des femmes choisissent de suivre Jésus. Ont-ils tout compris de lui, le connaissent-ils parfaitement, ont-ils déjà pleinement saisi ce pourquoi il est venu ? Certes non, et pourtant ça ne les empêche pas de se mettre à sa suite Cela nous permet d’affirmer que la foi chrétienne est une suivance, ce qui implicitement démontre qu’elle n’est pas statique, mais dynamique.

UNE MARCHE À LA SUITE DU CHRIST

À la lumière de cette allégation, je dirais que la foi chrétienne est la résultante d’un appel personnel à suivre le Christ. Cet appel invite à quitter sa propre route pour marcher à sa suite, dans le but d’apprendre de lui. Cela signifie se laisser transformer, corriger, façonner – autant dans sa pensée que dans ses actes. Apprendre du Maître pour l’imiter. Je dirais donc que la foi chrétienne, c’est choisir de se mettre en route dans une quête d’imitation de Jésus-Christ. Nous pouvons encore relever que, bien que l’appel soit personnel, répondre à celui-ci conduit à intégrer un groupe qui est dans une suivance collective, appelée aussi Nachfolge. L’appelé rejoint donc une communauté en marche. De fait, la foi chrétienne est personnelle, mais elle s’inscrit dans une communauté.

Dans cette suivance, la personne écoute les enseignements de son Maître, le questionne et l’observe vivre et agir. C’est un apprentissage qui naît d’une relation de proximité. En réalité, la foi est très relationnelle : elle se vit avec le Maître et au sein de la communauté. Ce qui permet d’affirmer que la foi se tisse dans le lien au Christ et aux autres. Jésus enseigne son disciple, non pas pour qu’il reste un spectateur admiratif, mais pour qu’il devienne porteur de l’enseignement reçu et puisse le vivre concrètement en devenant un praticien. Cette action se révèle comme étant une éthique d’amour, de réconciliation, de non-résistance qui sont autant de valeurs du royaume de Dieu.

DES VÉRITÉS À S’APPROPRIER

Crédit photo : Aaron Owens

Abordons maintenant la mention « foi ». Bien qu’elle possède plusieurs facettes, je n’en révélerai que deux : la croyance et la confiance. La foi-croyance est l’acte de croire aux vérités chrétiennes révélées dans les Écritures – par exemple que Jésus est le Fils de Dieu, qu’il est mort et ressuscité, etc. Ces vérités ne se prouvent pas facilement : elles nécessitent un acte de confiance, même si l’objet de la croyance peut et doit aussi être abordé par la raison. Il existe un risque que la foi confessée ne soit qu’une introjection, c’est-à-dire qu’on a avalé des valeurs, des croyances, sans les avoir assimilées, mâchées et digérées. On croit ce qu’on nous dit de croire (introjection) et on l’avale tout rond, sans y réfléchir, sans le questionner – on le gobe – au risque d’une crise de foi majeure. La foi-croyance demande à être assimilée, à devenir sienne. En effet, trop d’éléments de foi introjectés peuvent conduire à des dissonances cognitives dans la foi : on ne sait plus comment l’associer au contexte de ce monde, la croyance devient doute. Un certain nombre de crises de foi viennent du fait qu’on a « gobé » des croyances, parfois pendant des années, sans jamais les avoir mâchées, assimilées ; c’est précisément là que se trouve l’enjeu de la méditation régulière.

OSER LA CONFIANCE

La foi est aussi confiance Il est difficile de faire confiance à quelqu’un qui ne semble pas fiable.

La foi dans le christianisme est la confiance donnée à Jésus-Christ parce qu’il est fiable et digne de foi. Cette confiance prend le risque de la dépendance : je remets mon destin entre ses mains, et je lui accorde ma loyauté, ma soumission absolue. Cette dépendance n’est possible que si j’accepte d’être vulnérable, fragile. En effet, je ne peux que compter sur la bonté, sur la fidélité, sur la cohérence et la justice de Dieu. Pourtant, là où naît la confiance, un autre risque peut émerger : celui d’être déçu parce que les attentes que j’ai placées auprès du dépositaire de ma confiance n’ont pas été comblées. De nombreuses crises de foi sont liées à des déceptions, où nous nous attendions à telles ou telles délivrance ou action de Dieu et qui ne sont pas venues.

La question de la confiance est, à mes yeux, un enjeu et un défi importants pour nos contemporains, surtout dans une société qui perd confiance envers ses institutions, son clergé, son humanité et elle-même. Le défi consiste alors à cheminer pour révéler la fiabilité de Dieu au-delà de toutes circonstances et à montrer qu’il est digne de recevoir notre confiance.

Pour conclure, je voudrais souligner qu’au-delà de toutes ces réflexions, la foi chrétienne reste aussi un mystère, voire un don.

 

Contactez-nous

Envoyez nous un courriel et nous vous répondrons dès que possible.

Not readable? Change text. captcha txt
0

Start typing and press Enter to search