Le temps favorable
« Où est Dieu ? » Cette question, vieille comme l’humanité, revient au temps du malheur. Elle surgit quand l’épreuve nous frappe, quand la violence du monde nous submerge, quand le réel devient incompréhensible.
Et si nous commencions à la poser quand tout va bien ? Si le moment opportun pour rechercher Dieu, c’était par temps calme ?
LES JOURS SANS NUAGES
Il y a des saisons où la vie suit son cours, les projets avancent, les relations sont stables, et cela paraît aller de soi. Dans ces moments-là, le risque existe de se laisser vivre et, par glissement, d’oublier notre dépendance à Dieu. Pourquoi s’appuyer sur lui quand tout s’ordonne sans effort apparent ? Pourquoi prier quand rien ne semble menacer notre équilibre ?
Parce que ces saisons préservées sont essentielles pour (re)prendre des forces. La Bible le rappelle souvent : les périodes d’abondance sont des temps de préparation et de vigilance. Une foi solide ne se forge pas dans l’urgence, mais dans la régularité. Une Église ancrée se construit patiemment. C’est le moment d’identifier et de laisser ce qui nous entrave (cf. p. 17), d’approfondir notre relation à Dieu, de poser des fondations qui tiendront quand le sol tremblera.
AVANT L’ORAGE
C’est aussi le moment de travailler pour la paix. Comme l’a souligné Neal Blough dans un récent numéro de Christ Seul, « La paix se construit dans le temps : en parler seulement lorsque la guerre éclate est souvent trop tard. L’Église travaille pour la paix avant, et aussi après les guerres1 ». C’est enfin le moment favorable pour renforcer les liens dans et entre nos communautés, et travailler à l’unité de l’Église – avant que les crises ne nous rattrapent.
Car les temps difficiles viennent toujours, d’une manière ou d’une autre. Ils font partie de la condition humaine. La question n’est pas de savoir s’ils arriveront, mais dans quel état ils nous trouveront.

