En Ukraine, l’espérance contre la guerre
Pour comprendre comment vivent les Ukrainiens après quatre ans et demi de guerre, il suffit d’écouter ce pour quoi leurs enfants prient à l’Église. Leurs prières sont différentes de celles des enfants des pays en paix. Ils demandent à Dieu que la guerre cesse, qu’il guérisse les blessés et qu’il ramène leurs pères, leurs frères et même leurs mères à la maison. Ils prient pour pouvoir dormir la nuit dans un lit chaud et confortable au lieu de se cacher des missiles et des drones dans des caves.
UNE VIE AU JOUR LE JOUR
Au cours de ces années de guerre, la société ukrainienne a subi une profonde transformation. Les gens ont appris à ne pas faire de projets à long terme, mais à vivre au jour le jour. Ils savent exactement ce qui est indispensable à la survie et comment vivre avec un minimum de ressources. Bien sûr, la guerre dévaste l’économie d’un pays, et il faut s’attendre à une hausse des prix des denrées alimentaires, des produits d’hygiène, des médicaments, de l’électricité, du gaz et du carburant pour les véhicules et les générateurs. Il est donc devenu très difficile pour les familles de maintenir leur niveau de vie antérieur, d’autant que les emplois se font de plus en plus rares.
Les gens sont épuisés mentalement et physiquement par un stress incessant. Les nuits blanches et le bruit constant des sirènes annonçant les attaques de missiles pendant la journée pèsent lourdement sur leur santé. Les Ukrainiens souffrent de ce qu’on appelle souvent le « syndrome de la vie reportée », qui consiste à repousser tous les événements joyeux à une date incertaine dans le futur.
L’ÉGLISE, UN REFUGE

Culte à l’église des Frères mennonites de Zaporijia Crédit photos : @alexoksana
Pourtant, dans ce contexte sombre, l’Église continue d’être un « îlot de stabilité », source d’espoir, de lumière et de chaleur. Les Églises sont les premières à accueillir les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, qui laissent derrière eux leur foyer, leurs biens et, à bien des égards, leur vie d’avant. Ces vies sont brusquement interrompues, et tout doit recommencer à zéro. Les Églises sont parmi les premières à prendre soin de ces personnes, à les nourrir et à leur fournir le strict nécessaire pendant qu’elles réfléchissent à la suite des événements.
Dans ces circonstances, les responsables d’Églises endossent également le rôle de conseillers. Chaque personne a besoin de quelqu’un qui l’écoute, qui l’accompagne à travers la détresse, la douleur, le désespoir et la désolation, tout en lui offrant de l’espoir, des encouragements et la force de continuer à avancer — la force de vivre. Depuis près de cinq ans de guerre, les Églises sont des « navires à l’ancre sûre », des lieux où les gens rencontrent Dieu. En le rencontrant, ils trouvent réconfort et espoir, tant pour cette vie que pour la vie éternelle avec lui.
L’HIVER ARRIVE…
L’hiver est une saison extrêmement difficile. L’année dernière, il a été une épreuve particulièrement rude pour les habitants de toute l’Ukraine, notamment à Kyiv et dans le sud-est du pays. Les attaques de missiles ont détruit des centrales électriques, plongeant les villes dans le noir et les privant de chauffage et d’eau. L’hiver dernier a été marqué par des températures qui sont restées longtemps autour de −25 °C. C’était terrible. Pourtant, même dans ces conditions, les Églises ont continué à alimenter leurs générateurs en carburant, à préparer des repas chauds sur des feux de bois, à chauffer leurs locaux à l’aide de divers poêles ou radiateurs électriques branchés sur des générateurs, et à prendre soin des gens, parfois 24 heures sur 24.
DES BESOINS CONCRETS

L’aide est apportée aux personnes vivant en première ligne, sous des bombardements constants. Crédit photo : @alexoksana
L’électricité, la chaleur, la nourriture et l’eau sont ce dont les gens auront particulièrement besoin ces prochains mois. Nous nous préparons déjà à faire face aux défis d’un nouvel hiver rigoureux et d’attaques incessantes. En tant qu’Église, nous avons besoin de fonds pour acheter des colis alimentaires et d’hygiène ; du carburant pour les véhicules destinés à acheminer l’aide humanitaire vers les villes et villages ; de l’essence pour les générateurs ; des radiateurs à gaz et des bouteilles de gaz pour les faire fonctionner ; ainsi que du bois de chauffage. Tels sont nos besoins concrets.
Nous sommes profondément reconnaissants envers les différentes missions et organisations mennonites, telles que Multiply Mission, le MCC, l’EMRO et les organisations qui en sont membres¹, envers les Églises mennonites, et envers toutes les personnes qui, au cours de ces cinq dernières années, ont soutenu les Ukrainiens confrontés à la guerre et ont pris soin d’eux avec fidélité et constance. MERCI !
PERSÉVÉRER DANS LA PRIÈRE
Priez pour le rétablissement spirituel, émotionnel et physique des personnes.
Priez pour les Églises et ceux qui y servent. Ils sont constamment confrontés aux besoins des gens. Ils ont besoin d’une relation personnelle avec Dieu pour répondre aux nombreux défis posés par la guerre. Ceux qui viennent en aide aux gens au quotidien sont épuisés et ont besoin de force.
Priez pour la paix, pour la fin de la guerre et pour le retour à la vie normale dans un pays où la souffrance ne s’est pas apaisée depuis cinq ans.
Nous sommes convaincus que, quelle que soit la difficulté de la vie, les Ukrainiens ont l’espoir que Dieu enverra la paix en son temps, que la lumière triomphera assurément des ténèbres et que le bien triomphera du mal. L’Espérance vivante !
¹ Pour la France, il s’agit de la caisse de secours des Églises mennonites : caissedesecours@aeemf fr
Oleksii Makaiov est un pasteur mennonite ukrainien. Après le début de la guerre, avec sa femme Oksana et leurs enfants, il a été expulsé de Molochansk, une petite ville occupée située près de Zaporijia, dans le sud de l’Ukraine. Aujourd’hui, il exerce son ministère à Kyiv. Avec le soutien du réseau Multiply, il coordonne l’aide humanitaire destinée aux personnes déplacées et à celles vivant à proximité des zones de combats. Il contribue également au développement des Églises fondées dans différentes villes d’Ukraine depuis le début de l’invasion à grande échelle en 2022.
