Des réfugiés accueillis en région parisienne

 Dans Christ Seul

Une institution active auprès de personnes en situation de handicap et un collectif créé pour l’occasion collaborent dans l’accueil de réfugiés en région parisienne. Récit.

LE POINT DE VUE DE L’INSTITUTION

Face à la tragédie de dizaines de milliers de réfugiés qui fuient la mort, à cause de la guerre et de la faim, et sont en marche vers une espérance de vie, l’Évangile nous appelle à ouvrir nos cœurs, nos emplois du temps, nos mains et nous demande d’être proches des plus petits et des laissés pour compte. Concernant la Syrie, Nicole Ferroni, dans sa chronique sur France Inter du 14 décembre, a dit : « La guerre avale toutes les couleurs et met du noir à la place. La guerre, c’est l’horreur ! »

C’est à nous de nous tenir debout et de re-badigeonner de couleurs le quotidien, malgré la guerre. C’est ce qui nous a motivés, à l’AEDE, pour répondre à cet afflux de réfugiés.

Réfugiés syriens à Zarqa en Jordanie Photo : © Albert Huber

Pour simplement essayer de mettre en pratique notre espérance chrétienne en nous mobilisant en faveur de nos prochains qui souffrent, nous avons proposé nos logements vacants. étant qualifiés pour la prise en charge de personnes en situation de handicap mental, mais pas à celle de l’accueil d’urgence, nous avons sollicité les églises voisines et les bonnes volontés pour gérer cet accueil. Un collectif s’est créé (AAA77, Accueil, Aide, Accompagnement), composé de quelques bénévoles de tous horizons et disponibles pour l’accompagnement.

 

 

Ensemble, dès septembre 2016, nous avons ainsi pu accueillir une maman (Souzan) et ses deux garçons (Zen et Amor, 16 et 11 ans) originaires d’Alep, puis en octobre sa sœur (Soulafah, jusque-là logée en foyer au Palais de la femme à Paris) et son conjoint (Nabih, arrivé depuis la Turquie le 23 octobre), et enfin en décembre 2016, une de leurs amies (Sana) dont le conjoint Laith, est arrivé le 26 décembre. Tous sont originaires d’Alep et musulmans, sauf Nabih (de l’église syrienne d’Orient).

Sans l’engagement de bénévoles bien investis et qui ne comptent pas leur temps, cela ne serait pas possible.

Joël Haldemann, AEDE, directeur général.

LE POINT DE VUE DU COLLECTIF

L’accueil ne consiste pas seulement à offrir un toit. Il n’est pas si évident de demander un branchement EDF sans compte en banque par exemple. Et pas facile d’ouvrir un compte en banque sans justificatif de domicile ni revenu, ni statut clair – avant l’obtention d’un titre de séjour.

Il s’agit donc d’accompagner dans tous les domaines de la vie : les démarches administratives, l’apprentissage de la langue, la découverte de la société française, l’accompagnement médical (décoder les besoins comme lorsque Souzan nous fait part d’un besoin de grand œil, comprenez un rendez-vous chez un ophtalmo, car elle devient presbyte), la scolarisation des enfants dont l’aide aux devoirs pour Zen par exemple. Il est en seconde, n’a pas été scolarisé pendant trois ans, c’est comme s’il n’avait pas été au collège. Il faut l’aider à décoder les cours qu’il note soigneusement, traduit en arabe, puis cherche à comprendre cet énoncé opaque. Malgré l’aide de plusieurs professeurs de notre collectif, les devoirs lui prenaient un temps fou. Nous avons donc fait le lien avec le lycée, expliqué la situation dans laquelle se trouvait ce jeune homme, demandé davantage de cours de français langue étrangère et un allègement de son emploi du temps.

L’administration française est complexe, les assistantes sociales débordées et les différents services pas toujours coordonnés, ce qui rend les démarches très compliquées. Et lorsque l’on ne lit ni ne parle le français, il est presque impossible de s’en sortir. Un exemple : l’extrait d’acte de naissance réclamé à Souzan en vue d’un numéro d’immatriculation définitif à la Sécurité sociale, et donc une carte vitale. Une troisième lettre vient de partir à la CPAM expliquant pourquoi elle était dans l’impossibilité d’obtenir ce papier en provenance d’Alep !

Accueillir, c’est aussi entrer dans une autre façon de voir, accepter, respecter que les réfugiés aient d’autres priorités, une autre façon de faire, de gérer leurs journées, qu’ils sont autres, se rappeler que nous sommes là pour eux, pour leur faciliter la vie en France. Il nous faut également répondre aux besoins financiers, compléter les rentrées d’argent insuffisantes, faire la jonction entre l’ADA (Allocation pour demandeur d’asile) et le RSA (Revenu de solidarité active). Nous gérons cela au travers de l’association culturelle AMIS77 rattachée à l’église mennonite de Villeneuve-le-Comte.

Notre objectif est que les personnes accueillies retrouvent au plus vite leur autonomie et puissent reconstruire leurs vies malmenées !

Christine Haldemann et Claire-Lise Dos Santos du collectif AAA77 ( Accueil, Aide, Accompagnement )

 

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