La promesse du Saint-Esprit

 Dans Christ Seul

Comment bien comprendre la promesse du don du Saint-Esprit, réalisée à la Pentecôte ? Recentrage sur l’essentiel par l’un des enseignants de la nouvelle Haute école de Théologie en Suisse romande, longtemps pasteur au sein des églises évangéliques de Réveil.

La promesse de l’Esprit au début des Actes des apôtres a généré bien des questions : les disciples étaient-ils régénérés auparavant ? Comment la promesse peut-elle nous être appliquée aujourd’hui ? Combien d’expériences fondatrices le chrétien doit-il vivre ?
Or, le tintamarre des controverses peut parfois nous rendre sourds à la voix du Christ. Il est souvent salutaire de reprendre notre souffle (c’est bien le sujet !), de nous taire et de laisser la Parole de Dieu reprendre ses droits.
Jésus doit aussi recadrer ses disciples de manière similaire. Il leur rappelle que Jean-Baptiste a prédit une immersion dans l’Esprit et il leur demande de rester à Jérusalem pour recevoir « ce que le Père a promis » (Ac 1.4). Et, patatras ! les voilà qui s’interrogent sur la restauration du royaume d’Israël ! Jésus coupe court à ces spéculations eschatologiques et les ramène au sens de la promesse : « Bien au contraire ! Vous recevrez de la puissance, lorsque le Saint-Esprit surviendra sur vous. Et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre¹. »
Je nous propose donc de mettre de côté débats et controverses et de laisser cette parole du Seigneur nous toucher dans la simplicité de son énoncé.

LE SAINT ESPRIT, UNE PERSONNE

L’ancienne version Segond pouvait faire croire que l’Esprit-Saint était une « puissance »². Or, la construction grammaticale dans l’original distingue la venue de l’Esprit de la puissance qui en est l’effet.
L’Esprit est une personne. Son œuvre est personnelle : amour pour notre Père par l’Esprit qui nous révèle notre statut d’enfants de Dieu (Ga 4.6 ; Rm 8.15) ; amour du prochain, déjà aimé du Seigneur.
L’Esprit n’est pas une sorte de « fluide », d’électricité supérieure. Il est la personne qui nous met en communion avec le Père et le Fils.
Rappelons-nous toujours que l’Esprit est la présence personnelle de Dieu en nous, avec qui nous sommes appelés à entrer en relation.

UNE PUISSANCE NI DE NOUS-MÊMES NI POUR NOUS-MÊMES

Si la puissance doit être reçue, c’est qu’elle ne vient pas des disciples.
L’Esprit en est la source. Toujours et tout le temps.Nous ne devenons pas les seigneurs de la puissance que nous confère l’Esprit. Dieu sait ce qui arriverait, si nous nourrissions nos désirs infantiles de toute-puissance, en croyant que l’Esprit nous donne un pouvoir autonome !
Ainsi, jamais les apôtres ne disent posséder l’Esprit ; toujours ils confessent que la puissance est à Dieu. Seul Simon l’occultiste samaritain a cru que la puissance de l’Esprit pouvait s’acheter comme un grimoire ou une potion magique – péché gravissime (Ac 8.18-24) !
Si nous voulons recevoir la puissance de l’Esprit, avons-nous bien réglé notre rapport au pouvoir ? Renonçons à être des maîtres, surtout en prenant l’Esprit comme otage de nos désirs désordonnés.

PAR L’ESPRIT NOUS SOMMES TÉMOINS DE JÉSUS

Ici, l’œuvre de l’Esprit n’est pas intimisme, ni activisme. Le mouvement jusqu’aux confins de la terre est présidé par le verbe être : « Soyez mes témoins… » Par l’Esprit, l’être précède ainsi le faire.
Ne faisons pas de nos activités le paravent d’un vide intérieur ! Et nous sommes témoins… de Jésus : Jésus proclamé, Jésus imité, Jésus servi.
Pour reprendre la thématique du rapport au pouvoir, l’Esprit lui-même nous montre le chemin : pleinement Dieu, il oriente le message de l’Église, non vers lui-même, mais vers le Fils, chef de l’humanité. L’Esprit produit une piété « christienne » : il élève Jésus.
Et laissons l’Esprit nous inspirer des paroles et des actes dont Jésus est le centre.
Ainsi, j’espère, cette promesse nous aura parlé, hors controverses, de quelques réalités essentielles concernant notre Hôte divin. Qu’elle nous amène ainsi à communier avec l’Esprit et à l’honorer, afin d’être encore mieux témoins de Jésus, notre Seigneur !

Notes
1. Ac 1.8 – NBS, modifiée pour souligner que le grec introduit la promesse par un « mais » affirmé.
2. « Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous » pourrait amener à voir dans l’Esprit un terme apposé à la puissance et la décrivant.

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