Engrenage de violence au collège

 Dans Christ Seul

Les ados et les jeunes sont confrontés à la violence, au collège par exemple, ou en sont les acteurs. Comment réagir en tant que parents face aux agissements violents de son enfant ? Témoignage.

En septembre, notre fils est entré en 6e année, au collège. Petit à petit, les violences verbales se propagent et se banalisent dans la classe. La conseillère d’éducation du collège (CPE) doit régulièrement intervenir et alerte les parents. Notre fils est puni d’une semaine lourde (semaine complète au collège pour réfléchir sur ses actes et ses paroles). Nous prenons rendez-vous avec la CPE. Lors de cet entretien, un dialogue de confiance entre adultes s’établit clairement devant notre fils.

Deux mois plus tard, nous découvrons qu’il nous avait caché une heure de retenue, en imitant notre signature. Notre confiance envers lui est fragilisée, nous demandons à Dieu comment faire pour la restaurer.

FUGUE

Puis un matin, notre fils fugue. Il n’ose pas nous avouer une nouvelle retenue. Panique ! Nous prévenons le collège, nous appelons la police. Heureusement, sa sœur le retrouve sur le chemin du collège. Notre fils est immédiatement écouté par l’infirmière et la médiatrice du collège. Nous dialoguons avec le collège. Nous redisons à notre fils qu’il n’est pas seul, qu’il doit assumer ses erreurs et effectuer ses deux heures de retenue. Nous lui demandons de ne plus s’enfermer dans le mensonge et de rechercher la vérité. Nous lui imposons de rédiger une lettre pour demander pardon à son professeur.

Photo : www.unsplash.com-Thompson

AU COMMISSARIAT

Parallèlement, la violence verbale est revenue dans la classe. Les élèves n’arrivent plus à communiquer sans injures. En revenant du collège, notre fils et son ami se battent contre d’autres camarades qui les avaient insultés. Résultat : nous recevons une convocation au commissariat suite à une plainte déposée par les parents d’un enfant qui a reçu un coup de poing pendant la bagarre. Nous informons le collège de tous ces événements.

Nous partons alors à la recherche de la vérité. Nous apprenons peu à peu que notre fils et ses camarades n’ont pas tout dit, les témoignages se contredisent. Nous appelons d’autres parents pour faire le point sur la violence en classe, sur ce qu’ils comprennent de leur côté.

PARENTS RÉUNIS ET UNIS

Nous décidons alors d’organiser une réunion parents-enfants chez nous pour avoir un discours commun face à nos enfants : « Nous sommes tous contre la violence, nous soutenons le travail contre la violence effectué par le collège, nous défendons la bienveillance. » Tous les parents ont décidé de venir à cette réunion, même les parents qui ont porté plainte. Nous avons prévenu le collège de notre démarche. La CPE nous a remerciés pour notre travail de co-éducation. Elle nous a expliqué ce qu’elle mettait en place au niveau du collège : des groupes de réflexion sur la non-violence.

Notre fils a été entendu par la police. Il est vrai que nous avons été surpris par le protocole : il n’a que 11 ans, mais on lui a pris ses empreintes, sa photo de face, sa photo de profil, son ADN. Il est fiché dans les données de la police nationale. Malgré les témoignages contradictoires, il a été considéré comme responsable de violence physique sur un camarade. Si un nouveau problème arrivait dans les trois prochaines années, notre fils serait directement convoqué au tribunal.

LEÇONS

Aujourd’hui encore, nous ne détenons pas la vérité sur les faits, mais le travail de dialogue entre le collège et les parents, entre parents, nous a permis d’avancer dans le respect de chacun. Nous avons résisté aux pièges de la violence qui entraînent dans des réflexions du type : « Mon fils n’aurait jamais fait ça ! », « Le collège ne fait pas son boulot ! », « Les autres parents font n’importe quoi ! »

Nous sommes persuadés que Dieu a répondu à nos prières en nous montrant le chemin à suivre.

En effet, comment lutter contre la violence entre nos enfants si nous sommes violents entre adultes ? Si nous, parents, ne défendons pas les règles de vie du collège, le respect des professeurs, la communication non-violente, nos enfants seront désorientés.

Au collège et lors de notre réunion parents-enfants, des enfants se sont demandé pardon et nous avons tous constaté un apaisement du climat de la classe.

Pendant ces épreuves, nous avons demandé à des frères et sœurs en Christ de prier pour nous ; le lien fraternel a été un immense réconfort pour notre famille. Notre Seigneur entend nos prières et répond ! Nous pouvons tout lui confier.

Dieu nous a guidés sur le chemin du dialogue avec Matthieu 5.25 : « Mets-toi promptement d’accord avec ta partie adverse, pendant que tu es en chemin avec elle, de peur que ta partie adverse ne te livre au juge, et que le juge ne te livre au sergent, et que tu ne sois jeté en prison. »

TÉMOIGNAGE ANONYME publié avec l’accord des personnes concernées

 

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