Témoins d’espérance : en route avec Jésus
Comment célébrer 75 ans de Mission Mennonite ? En faisant mémoire, bien sûr, mais surtout en rendant grâce à Dieu pour sa fidélité, pour son amour des nations et pour l’espérance que nous avons en lui. « Une foule immense que personne ne pouvait compter, de toutes nations, tribus, peuples et langues » : la vision d’Apocalypse 7.9 ouvre une perspective qui dépasse largement notre propre histoire.
Depuis 75 ans, Mission Mennonite accompagne des femmes et des hommes qui répondent à l’appel de Jésus et prennent part, à leur manière, à sa mission. Mais comment célébrer cette histoire sans simplement regarder en arrière ? Comment permettre à cet anniversaire de devenir une invitation pour aujourd’hui ? C’est de cette réflexion qu’est né le projet Témoins d’espérance – Carnet de routes.
52 SEMAINES POUR SE METTRE EN ROUTE
Le projet ne cherche pas à produire une nouvelle histoire de Mission Mennonite. Une vidéo réalisée à l’occasion des 500 ans de l’anabaptisme retrace déjà une partie de cette histoire. L’idée était plutôt de proposer un outil simple : prendre du temps avec Dieu, écouter sa Parole, se laisser modeler par les enseignements et la vie donnée de Jésus, être attentif à l’Esprit qui habite en nous et se laisser mettre en mouvement.
Le carnet rassemble ainsi 52 méditations écrites par 57 auteurs, comme autant de rendez-vous pour une année. Des femmes et des hommes de générations et de parcours différents y partagent ce qu’ils ont découvert sur leur chemin avec Dieu. Leurs voix ne cherchent pas à produire une synthèse. Elles sont différentes, parfois assurées, parfois interrogatives. Mais elles ont un point commun : elles témoignent d’une espérance et invitent à « poser un pas », un pas concret. Les méditations cheminent autour de plusieurs grands axes : Dieu, Jésus, le Saint-Esprit, l’Église, notre vocation sur cette terre et notre mission comme témoins du Royaume.
UNE FOI QUI OUVRE LES YEUX
Un fil conducteur traverse le carnet : Ésaïe 58. Ce chapitre dérange. Il vient questionner une foi qui pourrait rester à distance du monde. Le prophète rappelle que Dieu ne se laisse pas enfermer dans nos pratiques religieuses. Le jeûne qu’il choisit se traduit dans la vie : délier, partager, accueillir, relever. C’est une foi qui prend corps. Une foi qui ouvre les mains autant que les lèvres.
Plusieurs contributions expriment cette même conviction sous des formes différentes. Laura Klopfenstein invite ainsi à recevoir la grâce avant de chercher à faire : « Merci parce qu’il n’y a rien que je puisse faire pour la mériter. » D’autres témoignages racontent la patience nécessaire pour voir une œuvre porter du fruit, ou encore la joie de découvrir que servir dans l’Église ne consiste pas à chercher une place, mais à « permettre aux autres de trouver la leur ». Peu à peu se dessine une conviction : la mission ne se maîtrise pas. Elle se reçoit.
RÉPARER LES BRÈCHES
Dans l’esprit de ce livre, une méditation d’Ésaïe 58, qui n’y figure pas, mais qui a contribué à inspirer le projet, propose une image pour notre vocation : réparer les brèches.
« Les tiens rebâtiront sur d’anciennes ruines ; tu seras appelé réparateur des brèches, restaurateur de chemins. » (És 58 12)
Une brèche est une faille, une rupture, un endroit où la vie ne circule plus comme elle devrait. Certaines sont évidentes : pauvreté, violence, injustice. D’autres sont plus discrètes : la solitude d’une personne âgée, une relation brisée, une communauté fatiguée, un cœur qui n’ose plus espérer. Face à ces brèches, notre premier réflexe peut être de nous protéger Détourner le regard Passer notre chemin. Nous dire que d’autres s’en occuperont.
Mais Ésaïe donne au peuple de Dieu un autre nom : réparateurs Le mot est important Il ne parle ni de domination ni de puissance, mais de service et de disponibilité. Réparer une brèche ne signifie pas sauver le monde entier. Cela signifie être fidèle là où Dieu nous place.
Parfois, cette fidélité prend la forme d’un geste très simple : écouter quelqu’un, partager un repas, rendre visite, offrir un encouragement. Ces gestes peuvent sembler modestes, mais ils peuvent rouvrir un passage pour la vie. Parfois, la réparation demande un engagement plus large : accompagner une personne fragilisée, soutenir une œuvre, participer à un projet qui relève ce qui a été abîmé dans une communauté ou un quartier. La lumière promise par Ésaïe n’est pas un projecteur braqué sur nous. C’est la clarté tranquille d’une vie cohérente.
ET NOUS, QUEL PAS ?
C’est peut-être là que se rejoint le mieux l’esprit de Témoins d’espérance. Le carnet n’est pas un enseignement à maîtriser. Il peut être accueilli comme une marche. Chaque semaine, une voix nous accompagne. Non pour nous dire exactement que penser, mais pour nous aider à écouter. À reconnaître ce que Dieu fait déjà. À nous laisser déplacer. À regarder autrement. À recevoir plus qu’à produire.
La mission n’est pas d’abord ce que nous faisons pour Dieu, mais ce dans quoi nous sommes appelés à entrer. Dieu précède. Il rejoint. Il relève. Alors, que nous soyons engagés depuis longtemps ou simplement en recherche, la question demeure : quelle brèche Dieu me donne-t-il de voir ? Quel petit pas est possible ?
Appeler Visiter Aider Prier Écouter Partager
Être témoin d’espérance, ce n’est peut-être pas faire quelque chose d’extraordinaire. C’est laisser la lumière de Dieu traverser une vie ordinaire jusqu’à toucher d’autres vies.
Après 75 ans, Mission Mennonite rend grâce pour le chemin parcouru. Mais le chemin continue.
Délier. Partager. Accueillir. Relever.
Et marcher, à la suite de Jésus, comme son Église en route
Que toute la gloire revienne à notre Dieu
Sandrine Furter et David Sommer (membres du conseil exécutif de Mission Mennonite)

