La démesure de Dieu
La Bible parle très souvent d’émerveillement, même si le mot lui-même n’apparaît pas toujours. L’idée d’être saisi par la beauté, la grandeur, ou encore la bonté de Dieu est en effet un thème majeur de ce livre si précieux pour nos vies. Je dirais même que l’émerveillement est une attitude spirituelle à cultiver pour que jamais nous ne nous habituions à l’amour de Dieu. Pour développer ce thème, j’aurais pu m’inspirer des nombreuses œuvres poétiques du roi David, mais je vous propose ici un versant plus gastronomique et festif…
AU CŒUR DE NOS FÊTES
Saviez-vous que le premier miracle de Jésus relaté par l’apôtre Jean se passe en plein milieu d’une fête de mariage ? Je trouve cela extra : si vous pensiez que Dieu est un Dieu austère et que vous avez une vision de Jésus proche de l’ermite, vous vous trompez. Il faut dire qu’à l’époque de Jésus, les cérémonies de mariage duraient plusieurs jours. C’est vrai, au Moyen-Orient, on sait et on aime faire la fête Chez nous aussi On parle même de culture de la fête. Vous savez pourquoi ? Parce que l’être humain cherche tout simplement à être heureux. Rien de mal là-dedans, bien au contraire. Sauf que les choses ne se passent pas souvent comme on les avait imaginées.
QUAND LA JOIE VIENT À MANQUER
Revenons à nos noces de Cana : en plein milieu de la fête, voilà que les serveurs s’aperçoivent qu’il n’y a plus de vin. Et ça, c’est assez dramatique pour nos mariés du jour. Pour le dire autrement, il n’y a plus de quoi faire la fête. Il n’y a plus de quoi être joyeux à ce mariage, parce que c’est cela la symbolique du vin : la joie de vivre, la convivialité, la fête…
Ce rebondissement inattendu me parle car, oui, il nous arrive de manquer de joie dans notre quotidien, et notre soif de bonheur semble rarement étanchée par nos solutions humaines. C’est là que Jésus intervient. Alors on y croit ou on n’y croit pas, mais regardez ce qu’il va se passer maintenant. C’est assez fou. Il y a, dans cette maison où on fait la fête, six jarres vides, utilisées pour les rituels religieux. Aucun rapport avec la fête, me direz-vous, sauf qu’elles sont bien là, disponibles parce que vides, et que Jésus va demander aux serveurs de les remplir d’eau à ras bord. Et c’est cette eau, versée dans ces jarres, qui va être transformée en un vin d’excellence.
UNE GRÂCE QUI DÉBORDE
Il y a beaucoup de choses à dire sur ce miracle, véritable cadeau offert par Jésus aux mariés, sans même qu’ils s’en aperçoivent d’ailleurs. Tout d’abord la quantité. Elle est impressionnante. Chaque jarre représente environ 100 litres d’eau selon les commentateurs, donc entre 500 et 700 litres de vin vont être apportés à l’organisateur de la fête. Et puis la qualité aussi. Si l’on en croit la personne chargée de l’intendance du repas, la fête dure depuis un certain temps et il est probable que certains invités sont au-delà de 0,5 gramme d’alcool par litre de sang. C’est cela qui le laisse perplexe : un si bon vin pour une partie des invités qui ne vont même pas en savourer la qualité à sa juste mesure ! À première vue quel gâchis ! Quel illogisme !
Quel cadeau surtout. Quelle démesure ! Oui, la grâce de Dieu est démesurée et c’est cela que ce texte nous apprend sur Jésus Son amour pour nous est démesuré, illogique et extravagant (qui signifie « à la limite du bon sens »), mais tellement vrai Tellement bon Tellement salvateur
Pardonnez-moi si je vous choque en l’écrivant, mais en réalité, l’amour de Dieu est tout sauf raisonnable.
DU VIN DE FÊTE AU DON SUPRÊME
La réaction de l’organisateur de ce repas de noce est celle que nous devrions avoir tous les jours. Il est en train de découvrir que la logique de Dieu n’est pas la logique de l’homme et il ne l’oubliera probablement jamais ! La manière dont Dieu nous aime dépasse ce qu’on peut en saisir. Il donne au-delà de ce que nous pensons ou même imaginons. Il s’est donné lui-même. Ce vin qui coule à flots, emblème de la joie, est le signe du sang versé à la croix pour nous donner accès au vrai bonheur. Alors, buvez avec modération, mais émerveillez-vous sans cesse !

