Résilience

 Dans Edito

L’été qui s’achève laisse derrière lui un goût amer, lorsque l’on repense à l’horrible tragédie de Nice ou au meurtre choquant d’un prêtre célébrant la messe. Si les victimes s’invitent dans nos pensées et leurs proches dans notre prière, nous résistons à la tentation de l’oubli.

Les réactions des personnes et de la population traumatisées peuvent être schématiquement décrites ainsi. On continue comme si de rien n’était, en vaquant au consumérisme ambiant. On tombe dans la peur et la psychose et on se calfeutre au mieux. On verse dans la colère et l’appel à la vengeance contre les djihadistes voire l’ensemble des musulmans. Et on votera pour l’homme ou la femme politique qui fait le plus écho dans ses discours à ces états d’esprit.

Ces attitudes sont compréhensibles. Les attentats en France nous rappellent si besoin ce que vivent au quotidien tant de personnes ailleurs. Ils nous réveillent – douloureusement certes – à la réalité d’un monde fragile et dangereux que nos modes de vie aseptisés et assurés font oublier et auquel nous serons encore confrontés. Si ces attitudes sont compréhensibles, sont-elles légitimes et porteuses d’avenir ?

À partir de l’observation des survivants de camps de concentration, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a popularisé le concept de résilience. Cette capacité, après un grave traumatisme, à résister au choc, à ne pas sombrer dans la victimisation et à pouvoir même rebondir. Parmi les conditions favorisant la résilience, la présence de « tuteurs de développement » autour de la personne traumatisée est importante.

Au chevet de la population de la France, où sont ceux et celles qui accueillent sans démagogie, qui favorisent la reconstruction et invitent à mettre l’énergie du pays au service d’une cause digne de ce nom ? Car il s’agit, après un traumatisme, de retrouver une raison d’être et un engagement.

François montre la voie en recevant le 24 septembre des victimes de l’attentat de Nice et leur famille. Au coeur de la foi chrétiennne se trouve un traumatisme surmonté, la mort du Messie ressuscité par son Dieu. Les croyants dans le Dieu de Jésus peuvent être pressés mais non écrasés, désemparés mais non désespérés, persécutés mais non abandonnés, abattus mais non perdus (cf. 2 Co 4.8-10).

Et si les communautés chrétiennes diffusaient dans le pays un parfum de résilience, l’autre nom de ce que la Bible appelle le courage ?

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