Portrait des réformes il y a 500 ans

 Dans Christ Seul

Plutôt que de parler de « la » Réforme du 16e siècle, il est plus juste de dire « les » Réformes protestantes, que l’on peut classer en cinq catégories. Panorama historique en bref.

 

MARTIN LUTHER (1483-1546)

• Moine augustinien, docteur en théologie, professeur de l’écriture sainte à l’Université de Wittenberg.

• Devient conscient du problème des indulgences en écoutant les confessions des paroissiens.

• En réponse, il rédige 95 thèses pour provoquer un débat théologique dans le cadre de la faculté de théologie (1517).

• Les thèses font écho à des frustrations et des critiques répandues dans le pays allemand.

• Demande la convocation d’un concile général pour aborder la question (1520).

• Excommunié par l’Eglise (1521).

• En réponse, développe des thèmes « réformateurs » (justification par la foi, autorité de l’écriture, critique de la papauté).

• Il se met à traduire l’Ecriture en allemand.

• Grâce à l’imprimerie récemment inventée, ses nombreux écrits ont une influence très importante.

• L’accueil de ses idées en milieu rural suscite un véritable enthousiasme, qui aboutit à la révolte des paysans (1524-1525).

• Il sera le chef spirituel des Eglises de la Confession d’Augsbourg qui fonctionnent sous l’autorité des princes territoriaux.

 

ULRICH ZWINGLI (1484-1531)

• Prêtre catholique, aumônier des troupes suisses à Marignan, prédicateur à Einsiedeln, lieu de pèlerinage marial.

• Embauché comme prédicateur par la ville de Zurich (1519), mène une réforme en étant influencé par Erasme.

• La ville de Zurich se détache de l’Eglise romaine en 1523, adhérant aux doctrines réformatrices de la justification par la foi et de l’autorité de l’Ecriture.

• Sa critique des dîmes et de l’usure, ainsi que son insistance sur la justice sociale qui découle de l’Evangile, influencent le milieu paysan.

• Sa critique du baptême des nourrissons (abandonnée ultérieurement) contribue à la naissance de l’anabaptisme.

• Sa doctrine de la cène comme symbolique s’oppose à celle de Luther qui insiste sur une présence réelle et corporelle du Christ dans le pain et le vin.

• Meurt sur le champ de bataille dans une guerre entre cantons catholiques et protestants (1531).

 

L’ANABAPTISME SUISSE

• Ses adeptes (Conrad Grebel, Félix Mantz, Balthasar Hubmaier) sont d’abord des partisans de Zwingli à Zurich, ouverts aux idées de Luther et d’Erasme.

• La critique des sacrements par les réformateurs et la notion de l’autorité de l’Ecriture les poussent vers une critique du baptême des nourrissons, aboutissant aux premiers baptêmes d’adultes en janvier 1525.

• La naissance du mouvement se déroule en même temps que le soulèvement paysan, produisant de la confusion et l’accusation selon laquelle les paysans ayant eu recours à la violence sont des « anabaptistes », même si la non-violence est prônée dès le début du mouvement par certains des meneurs.

• Le débat sur la violence et la séparation entre l’Eglise et l’Etat est réglé avec l’aide de Michaël Sattler (ancien prieur bénédictin) et les articles de Schleitheim (1527).

• D’autres mouvements anabaptistes, néerlandais et morave, naissent et se développent pendant la même période. Les trois partagent une même théologie du baptême, un rejet de la violence selon le Sermon sur la montagne et insistent sur la séparation entre l’Eglise et l’Etat.

 

LA RÉFORME ANGLICANE

• Lecteur fervent d’Erasme, le roi Henri VIII souhaite séparer l’Eglise d’Angleterre de l’autorité papale.

• Suite au refus du pape d’accéder à son désir de divorcer de sa femme, Henri VIII proclame l’Eglise d’Angleterre indépendante de l’autorité romaine en 1534.

• Le roi devient le chef de l’Eglise d’Angleterre sur terre.

• De nombreuses vicissitudes et des changements théologiques font que l’identité théologique de l’Eglise (nationale) est plus ou moins protestante jusqu’à la restauration du catholicisme sous la reine Marie Tudor (1553-1558).

• Elisabeth I rétablit l’Eglise d’Angleterre avec les 39 Articles de foi, un mélange de luthéranisme et de calvinisme avec un fort accent sur la continuité avec le passé. Le courant calviniste (puritain) souhaite une Eglise synodale plutôt qu’épiscopale.

 

JEAN CALVIN (1509-1564) ET LA TRADITION RÉFORMÉE

• Originaire de Noyon en Picardie, fait des études dans la lignée humaniste et devient juriste.

• Chemine vers les idées réformatrices et se trouve obligé de quitter Paris en 1534.

• Rédige la première édition de son « catéchisme-théologique systématique », L’Institution de la religion chrétienne, à Bâle en 1536.

• En route pour ailleurs, il est prié de rester à Genève comme pasteur réformateur (1536) et y finira sa vie.

• Le séjour genevois est interrompu par un passage à Strasbourg comme pasteur de l’Eglise francophone (1538-1541) où il rencontre Martin Bucer, qui aura une influence importante sur sa pensée.

• Devient le chef de file des Eglises « réformées », qui sont dans la lignée de Zwingli et de Bucer. Ces Eglises sont étroitement liées aux structures politiques municipales de l’époque.

• En plus des accents typiquement protestants, sa théologie est marquée par une forte insistance sur la souveraineté de Dieu (aboutissant à la prédestination), une présence réelle mais spirituelle du Christ dans la cène, une structure ecclésiale synodale, un accent fort sur la discipline et la vie éthique des chrétiens.

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