Voter, un acte citoyen ?

 Dans Christ Seul

En 2016, le vote dans deux grands pays démocratiques a abouti à des résultats inattendus ; le Brexit en Grande-Bretagne et l’élection de Donald Trump aux USA ont défié les prévisions et rebattu largement les cartes. Selon certains, la démocratie s’en retrouve grandie.

LIMITES DE LA DÉMOCRATIE

Je pense au contraire que cela illustre les limites de l’exercice. Dans nos pays occidentaux, la manipulation de l’opinion est une menace constante. Manipulation par les sondages, mais surtout par les médias aux mains d’intérêts financiers ou idéologiques. L’irruption récente des réseaux sociaux en politique et la communication électronique aggravent ce risque de manipulation, y compris par des puissances étrangères. La majorité de la population ne fait pas l’effort d’analyse que les journalistes proposent. Parodiant un mot célèbre, on peut dire que chaque citoyen est un journaliste son smartphone à la main. Dans cette cacophonie, la prime va à celui qui « crée le buzz », qui crie le plus fort, quitte à choquer. Face à ces difficultés, les dictateurs de tout poil ont beau jeu d’accuser la démocratie du risque d’instabilité et de rejeter en conséquence l’idée de soumettre leur mandat au vote populaire.

INCERTITUDES EN FRANCE

Crédit photo : www.pixabay.com

Á l’aube d’une présidentielle décisive, on se demande ce qui orientera le vote des Français. La frustration des laissés pour compte de la société aura-t-elle le dernier mot ? Le rejet des élites se traduira-t-il par un vote aux extrêmes ? La tentation de donner un coup de pied dans le système et d’amener aux plus hautes fonctions un « homme neuf » au profil improbable va-t-elle l’emporter ? Des « fuites » ou des « révélations » de dernière minute vont-elle faire pencher la balance d’un côté ou d’un autre ?

 

 

ÉTRANGERS DANS LA CITÉ

Dans nos églises, la question politique est largement taboue et les sujets clivants sont soigneusement évités. Il est difficile de trouver des lieux de débat apaisé et informé. Comme aux USA, certains thèmes prennent une valeur emblématique au détriment d’une vue d’ensemble : le fait de s’être prononcé contre l’avortement a suffi à Donald Trump pour se garantir le vote d’une majorité évangélique qui hésitait devant ses outrances. Les chrétiens évangéliques ou mennonites qui évitent ce travers et veulent rester honnêtes et équilibrés vivent une certaine schizophrénie entre leurs convictions et leur vote qui va vers « un moindre mal ». N’est-ce pas pourtant ce qu’implique notre position d’étrangers dans la cité ?

PRIER ET AGIR

Et puis, n’oublions pas de prier pour les autorités qui finalement seront élues. Car le vote n’est ni un blanc-seing que je leur donne ni une dispense à l’analyse de leurs programmes ou des lois qui sont prises. Du reste, pour réconcilier la main qui vote et l’esprit qui prie, ne faudrait-il pas assortir ce geste d’autres actes citoyens comme la participation à des manifestations (exemple : contre le mariage pour tous) et la désobéissance civile (exemple : la dénonciation de la vente d’armes) ?

Pour aller plus loin…

– « Désobéir ? », Dossier du Dimanche pour la paix 2014, disponible sur www.editions-mennonites.fr
– « Pas de salon de l’armement à Paris !», Christ Seul, mai 2016, p. 16-17

 

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