La résurrection corporelle de Jésus, ça change quoi ?

 Dans Christ Seul

Ils ont vu et ont touché. Les « témoins » ont assisté à une partie de la vie de Jésus, à sa mort, et suite à ses « apparitions », à sa résurrection (1Co 5.3-8), ils pourront dire : « Vous avez tué Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins. » (Ac 3 à 5)

Contrairement à ce que croyaient les sadducéens, l’histoire humaine n’est pas terminée avec cette vie seulement (Ac 4.2) : il y a la résurrection corporelle. Certains depuis ont plaidé qu’il s’agissait là de l’apparition d’un esprit de Jésus, « sans chair ni os » (Lc 24.39), un peu à la manière du mythe du révolutionnaire Che Guevara qui « vit ». D’autres ont pensé que c’était la réanimation d’un mourant, revenu à une vie consciente après un coma. D’autres encore ont dit que la résurrection est une foi des disciples, sans ancrage dans la réalité (R. Bultmann).

Or les évangiles insistent sur le fait que Jésus est une personne ressuscitée avec un corps transformé, glorifié, ayant la même identité (Lc 24.39-42). Finie la décomposition du mort ! C’est un corps régi par l’Esprit, un « corps spirituel » (1Co 15. 44), dont les potentialités nous échappent certes, nos repères étant tous liés à la mort et à la dégénérescence. Mais lorsqu’on parle d’un « corps spirituel », cela ne contredit pas le fait qu’il s’agit bien d’un corps physique.

Pourquoi est-ce important ? Voici en sept points ce que cela change.

Les gardiens endormis à la tombe, et le Christ ressuscité

RÉPONSE DIVINE SURPRENANTE

C’est d’abord la réponse de Dieu à la mise à mort de son Fils Jésus. La colère est apaisée, réponse extraordinaire d’un Dieu qui aime. Loin de l’instinct revanchard, « la résurrection est la réponse non violente d’un Dieu qui n’est qu’amour, pardon et réconciliation » (Alfred Bour). Cette réponse fonde l’assurance du pardon de Dieu par rapport à nos abandons, nos trahisons, nos pensées ou nos actions mauvaises.

APPROBATION DIVINE SUR L’ŒUVRE DE JÉSUS

C’est ensuite la possibilité de savoir que la mort du Christ n’était pas son échec, mais le contraire, l’approbation divine sur sa vie. « Il s’est humilié… c’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé » (Ph 2.8-9). « La résurrection valide la croix » (John Stott). Et dès lors, elle est capitale pour la foi : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est une illusion, et vous êtes encore sous le poids de vos péchés. » (1Co 15.14-18). Dieu valide la mort expiatoire du Christ et il nous le fait savoir ! Sa justice devient ma justice, il a été « ressuscité pour notre justification » (1Tm 3.16 et Rm 4.25).

PUISSANCE EFFICACE DE TRANSFORMATION

La résurrection est à l’œuvre là même où l’humanité sent son vide, c’est-à-dire par rapport à la mort elle-même et aux puissances désormais vaincues par Jésus. Le dominateur n’a plus de prise sur Jésus, c’est donc le dominateur qui est jugé et détrôné (Jn 12 et 16). Dieu transforme dès à présent la mort spirituelle en une vie spirituelle, en libérant des addictions et asservissements, nous faisant passer de l’égoïsme à la vie fraternelle, de l’immoralité à la bientraitance… Il le peut. Cette puissance, il l’a « déployée en Christ en le ressuscitant des morts » (Ep 1.18-20). Nous qui n’avons pas vu le Christ glorifié, mais croyons sur la base du témoignage des Écritures, nous pouvons, nous aussi, expérimenter la puissance de transformation du Christ dans le concret de la vie.

FONDEMENT D’UNE ESPÉRANCE INDIVIDUELLE

Sa résurrection est le gage de notre propre résurrection corporelle. Jésus étant ressuscité, « les morts ressusciter[ont] eux aussi » (Ac 4.2). Cela fait partie du triomphe final et grandiose de Dieu ; un horizon est ouvert. Nous attendons dès lors un corps nouveau semblable à son corps de résurrection (Ph 3.21 ; 1Co 15.42-44). Le Christ ressuscité est par là « prémices », « le premier-né d’entre les morts » (Rm 9.29). À cette dimension individuelle est associée une espérance cosmique, car il ne s’agit pas de corps flottant en l’air…

ESPÉRANCE POUR TOUT LE CRÉÉ

Notre espoir revêt une dimension « matérielle cosmique », concrète ; le disciple de Jésus-Christ attend un renouvellement de l’univers (Mt 19.28). Cette création sera elle aussi un jour libérée entièrement de l’esclavage qui la lie (Rm 8.20-21). Dieu fera pour la Création ce qu’il a fait pour Jésus à la résurrection (N.T. Wright).

RÉORIENTATION DU COMPORTEMENT

Notre désir le plus profond se dirige alors, dans la présence et la communion du Seigneur, vers la venue de ce monde nouveau où la justice habitera et où la mort ne sera plus. Notre engagement de vie – le métier, nos façons de traiter les autres, le corps et la nature – converge vers ce but (Rm 8.20-23 ; 2Pi 3.13 et Ap 21.1). C’est ce que veut dire l’apôtre Pierre, lorsqu’il dit que Dieu « nous a fait naître à une vie nouvelle, grâce à la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts » (1Pi 1.3). Plus que le pardon, elle touche aussi l’orientation de la vie par l’Esprit envoyé. L’Église, avec nos vies, est alors annonciatrice d’une Création (enfin) guérie.

JÉSUS-CHRIST, NOUVELLE HUMANITÉ

Le Christ devient à la fois sauveur et prototype d’une création guérie. « Tous ceux qui fondent sur le Christ une telle espérance se rendent eux-mêmes purs, tout comme le Christ est pur » (1Jn 3.3, voir aussi 2Pi 3.11). La pureté est le fait de vouloir une seule chose, marcher à la suite de Jésus et souhaiter que son règne vienne. Être « citoyen du ciel » maintenant (Ph 3.20) ne veut pas dire « vivre au ciel » et échapper à l’univers sensible et matériel, mais vivre selon le Christ qui y règne et d’où il viendra pour transformer nos corps !

Ce serait trop long ici de dire l’influence de la philosophie platonicienne sur nos représentations de l’avenir et de la terre et les manières de lire la Bible. Cela a pollué l’Église et l’a détournée de sa véritable mission. Le point focal et central de l’espérance et de la foi chrétiennes est la résurrection corporelle de Jésus. Le message du matin de Pâques proclame en effet que le crucifié est ressuscité, inaugurant une réalité nouvelle où « la mort ne limite plus la vie, mais la vie limite toute mort » (André Birmelé, sur 1Co 15). La mort vaincue fait que « l’amour est éternel » (1Co 13), et c’est plus que de la poésie.

Illustration : Otto Sohn-Rethel, sans titre, papier sur bois, 100 x 100 cm – Wikimedia Commons

 

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