Il y a 100 ans, c’était la fin de la première guerre mondiale

 Dans Christ Seul

Lundi 11 novembre 1918, Georges Clemenceau, le chef du gouvernement français, présente officiellement devant les députés le texte de l’armistice. Les sonneries des cloches de toutes les églises de Paris annoncent la capitulation allemande. L’Alsace et la Lorraine, annexées par les Allemands dès 1870, reviennent à la France. En ce 11 novembre 1918, la France compte approximativement 1 322 000 Français morts ou disparus et au moins 4 266 000 blessés graves dans la guerre de 14-18. L’historien et académicien Max Gallo écrit dans son livre (p. 32), 1918 : la terrible victoire : « En France pas un village, pas un quartier des villes de la République, où l’on ne croise femmes, enfants, vieux hommes en deuil, brassard funèbre au bras, voile noir cachant les visages ravagés des épouses, des sœurs, des mères. Et l’on ne remarque même plus les mutilés tant ils sont nombreux. » à ces mutilés de guerre appartiennent ceux que l’historienne Sophie Laporte décrit, dans un ouvrage au titre évocateur, Les gueules cassées.

La haine et le sentiment de vengeance ont dominé cette fin de la guerre la plus meurtrière de l’histoire d’Europe jusqu’alors.

HARTMANNWILLERKOPF

La Première Guerre mondiale a été une guerre de tranchées : ici, dans la Somme en 1916. Photo : Wikipédia

Quand le Président allemand Joachim Gauck et le Président français François Hollande se sont rencontrés au Hartmannswillerkopf le 3 août 2014 pour commémorer le début de la Première Guerre mondiale 100 ans après, la France et l’Allemagne ont fait un grand pas vers la réconciliation. Au Hartmannswillerkopf même, 30 000 soldats français et allemands sont morts pendant la guerre de 14-18. Lors de la cérémonie de commémoration de 2014, 100 jeunes Allemands et Français présents ont rédigé ensemble un message de paix entre les deux pays.

La commémoration des 100 ans de la fin de cette guerre qui a coûté la vie à environ 20 millions de personnes ne peut se faire sans mener une réflexion sur la guerre et attirer l’attention sur le rôle des chrétiens face à ce mal qui n’a cessé de hanter l’humanité.

Aujourd’hui, la montée des idées nationalistes extrêmes replie les pays européens sur eux-mêmes, et il est à craindre des populismes qu’ils n’hésitent pas à réveiller les vieilles haines des deux dernières guerres mondiales. Allons-nous vers une troisième guerre mondiale ?

RAISONS ET CAUSES DES GUERRES

Dans son ouvrage critique, Karl Barth and the Problem of War, le théologien mennonite John H. Yoder rappelle comment naissent les guerres entre les pays. La raison principale tient au fait qu’un peuple, par la faute d’un autre peuple, doit choisir entre sa propre disparition ou son auto-défense. D’autres raisons conduisant à la guerre sont par exemple l’idée d’une mission historique d’une nation, la défense de l’ordre international contre une menace supposée ou la défense de l’honneur national.

à ces raisons conduisant aux guerres s’ajoutent les causes liées aux guerres civiles qui ont émaillé les 30 dernières années (ex-Yougoslavie, Libéria, Rwanda, République Démocratique du Congo, Libye, Syrie, Yémen, etc.). Plusieurs de ces guerres, d’abord internes, sont causées par la recherche de liberté et de justice.

Le monde qui commémore cette année le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale n’est pas à l’abri des menaces de mini-guerres urbaines, comme celle de la ville allemande de Chemnitz en août 2018.

VEILLER !

Les chrétiens et l’Église ont-ils un rôle à jouer dans le domaine public ? Le prophète Jérémie a certes appelé à la soumission à Babylone (Jr 27). Mais pour les chrétiens, la soumission n’exclut pas la critique du pouvoir public. C’est pour cela que nous pouvons vivre dans nos pays et exprimer notre opposition à la vente d’armes (Eurosatory), à la mobilisation des jeunes pour le service national obligatoire, à la politique anti-immigration.

Il nous faut être vigilants devant les populismes qui construisent leur discours sur la peur : peur de l’étranger, peur de la diminution du pouvoir d’achat, peur de la perte des normes et des valeurs traditionnelles.

Alors que nous commémorons le centenaire de la Première Guerre mondiale, nous sommes à l’ère des nouvelles guerres entre les pays et des guerres internes accélérées par les technologies nouvelles (drones, attaques informatiques, réseaux sociaux mal utilisés). Les chrétiens pacifistes de notre temps sont exhortés à veiller davantage en comptant sur l’aide du Saint-Esprit.

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