Le projet, porteur de vie

 Dans Christ Seul, Stimuler

La vie à deux n’est que rarement un long fleuve tranquille… Pour tenir la distance, faire des projets concrets et se projeter en avant est porteur de vie et de renouveau. Réflexion et témoignage.

Imaginons la vie comme un bateau. Un homme et une femme décident d’y embarquer… Pour le faire naviguer, ils ont deux options : se mettre d’accord sur la direction dans laquelle ils veulent ramer ou décider de ne rien faire et de se laisser emporter par le courant jusqu’à la cascade. À priori, le couple voudrait éviter la cascade du divorce ; les deux partenaires vont donc tenter de ramer dans la même direction. Ils conjugueront leurs efforts pour atteindre leur objectif. Ils auront besoin l’un de l’autre pour aller loin.
Certains trouvent que ramer est trop risqué – car, qui sait, l’époux ou l’épouse pourrait ramer discrètement dans la direction opposée ou ne pas être à la hauteur du but que l’on s’est fixé ensemble – et préfèrent donc rester au port. Ces couples n’ont pas de projets, ils sont juste ensemble. Malgré l’illusion que cela donne, la vie ne nous laisse pas ce choix-là. Quand on embarque sur le bateau du mariage, il n’y a que deux choix possibles : ramer ou couler.

S’IMAGINER AVEC L’AUTRE DANS 20 ANS…

Lorsqu’un couple de chrétiens s’engage le jour du mariage, il se projette dans l’avenir en disant : « Je te serai fidèle, je prendrai soin de toi, j’élèverai nos enfants dans l’amour de Dieu et le respect de sa Parole. » Cela donne un sens au bateau et des outils pour ramer. Certaines Eglises demandent même aux futurs époux de rédiger une déclaration d’intention, un projet de vie, avant de s’engager ensemble.
Faire des projets est une manière de dire : « Je me vois encore avec toi dans cinq, dix, vingt ou cinquante ans. » Avoir des projets, c’est dire à l’autre que l’on est prêt à s’investir dans la relation, que l’on ne cherche pas à vivre du provisoire. En d’autres termes, on ne cherche pas à se convaincre que l’on reste au port.
Les projets peuvent être divers et variés : avoir des enfants, construire une maison, partir et servir dans un autre pays ou prendre soin de personnes dans des situationsdifficiles… Certains projets sont à court terme, d’autres à long terme, voire permanents. Le projet permet de mettre les événements en perspective et de maintenir un cap. Nous en avons besoin à tous les stades de la vie.

PROJETS ENTRAVÉS…

Les projets sont parfois mis à rude épreuve : maladie, stérilité, deuil, persécution, conflits. Mais notre Dieu est un Dieu de projets : il est le début et la fin et promet d’être avec nous dans la durée. Il transforme et guérit. Les projets fondés sur lui pourront puiser en lui vie et espoir. Dieu utilise nos désirs et nos aspirations.
La beauté de la vie, c’est qu’elle reprend toujours le dessus, quand nous lui en laissons l’opportunité. De nouveaux projets se forment et reflètent la nouvelle identité du couple en partenariat avec Dieu. Ils sont révisés et modifiés à chaque tournant important de la vie. Veillons à ce que nos projets s’inscrivent dans le Projet du Créateur, car toutes choses sont en lui.

 

DE L’ANÉANTISSEMENT À LA FORCE DE VIE – TÉMOIGNAGE
Elle et lui : Le 25 août 1988, un « tsunami » a bouleversé nos vies : la mort de notre petit garçon âgé de 10 ans après 6 mois de bataille contre une leucémie foudroyante. Il emportait avec lui nos coeurs et nos projets. Face à l’ultime détresse, ne restait que l’Amour : celui de Franz pour nous et le nôtre pour lui. Au-delà de la souffrance, comme un pâle germe de vie, demeurait aussi l’amour que nous avions l’un pour l’autre. C’était tout ce qui survivait. A travers cette désolation, Dieu s’est révélé à nous (Esaïe 65,1). L’irruption de sa grâce élargissait nos cœurs à une nouvelle dimension, suscitant en nous une autre perspective de vie.
Lui : À cette époque, tu voulais mourir.
Elle : Oui, mais tu m’as fait comprendre que ce n’était pas le meilleur chemin pour retrouver Franz. Tu recevais mes larmes et mes insupportables colères avec une tendre impuissance.
Lui : Je priais, le Seigneur était là, il pourvoyait à mes incapacités.
Elle : Tu te noyais dans le travail, atteint en plein cœur, comme moi.
Lui : Oui, nous étions deux noyés accrochés à Dieu, scrutant la Bible pour trouver espoir et réconfort.
Elle : Un jour, la certitude de la vie éternelle nous a donné l’envie de servir Dieu. Blessés à mort et encore très bancals, nous nous sommes mis à sa disposition. Nous avons commencé tout doucement à nous reconstruire.
Lui : En 2000, je t’ai suivi dans ton désir de partir en mission humanitaire. On a choisi ensemble de s’occuper d’enfants. L’inspiration de l’Esprit Saint nous ouvrait la voie.
Elle : Créer l’association n’aurait jamais pu se faire sans ton esprit d’entreprise, ton courage et ton ambition de nous projeter dans l’avenir.
Lui : Dieu a transcendé l’anéantissement total en force de vie, nous invitant à accueillir sa joie.
Elle : D’autres petits bonheurs aux noms bizarres surgissent sur notre chemin, Seema Ghul, Aboss, Rhahmatullah et les 115 autres. Pour moi, la page n’est pas tournée, simplement on l’écrit avec Lui…
ARIANE ET JACQUES H.

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