Ciseaux à ADN : entre folles espérances et craintes raisonnables…

 Dans Christ Seul

CRISPR-Cas 9 est un outil génétique associant un brin d’ARN (CRISPR), qui permet de cibler une zone d’ADN, et une enzyme (Cas 9) qui permet de couper, remplacer, inactiver, modifier un gène. Ce mécanisme d’inactivation d’un gène existe déjà dans la nature avec l’ARN interférent qui peut bloquer l’expression d’un gène, probablement pour empêcher un génome viral de s’introduire dans l’organisme.

La nouveauté révolutionnaire de CRISPR–Cas 9, c’est sa simplicité d’utilisation et son efficacité pour modifier l’ADN.

APPLICATIONS : LE FOL ESPOIR DE GUÉRIR LES MALADIES GÉNÉTIQUES

Des chercheurs ont envisagé de l’utiliser pour provoquer la disparition d’espèces nuisibles, mais cela pose la question de l’équilibre de l’écosystème et de la contamination d’autres organismes par cette mutation génétique. Mais c’est l’application à l’être humain qui suscite les plus grands espoirs. Dans le cas de maladies impliquant un seul gène, il suffirait, théoriquement, d’inactiver ou de remplacer le gène défaillant à l’aide de ces ciseaux. Problème : les choses ne sont pas aussi simples ; en effet, les gènes sont en équilibre entre eux, et quand on en modifie un, il peut y avoir des effets négatifs imprévus. C’est pourquoi les thérapies géniques mettent autant de temps avant d’être appliquées : on doit d’abord s’assurer qu’elles n’entraînent pas d’effets nocifs. Attention donc à ne pas susciter de faux espoir : le guidage génétique est loin d’être infaillible et sans risques.

CRAINTES RAISONNABLES

Les chercheurs sont enthousiastes devant les applications thérapeutiques potentielles, mais craignent une mauvaise utilisation de CRISPR–Cas9 : des terroristes pourraient s’en servir pour créer un virus. Un outil si puissant devrait donc être utilisé avec une extrême prudence. Une de ses découvreuses, Jennifer Doudna, demande à ce que l’on s’abstienne de l’employer pour modifier l’hérédité humaine. Le danger est que la combinaison entre la cupidité et la demande de ceux qui veulent maîtriser leur destin et celui de leurs enfants pousse certains à jouer les apprentis sorciers.

On devrait poursuivre la recherche sur cet outil, au vu d’applications potentiellement bonnes pour l’être humain, mais l’utiliser dans le respect de celui-ci (en évitant par exemple de l’expérimenter sur l’embryon comme l’ont fait les chercheurs chinois) et dans le respect des équilibres dans la Création. Corriger avec prudence la nature, oui, mais pas refaire le monde ou formater l’humanité. L’homme devrait prendre garde à ne pas se prendre pour Dieu avec ses petits ciseaux, l’ADN n’est pas l’Adonaï !

P.-S. : Une équipe de Stanford alerte dans un article du 29 mai 2017 de la revue Nature Methods : CRISPR–Cas 9 « semble entraîner encore plus de mutations inattendues que prévu ». Source : www.genethique.org .

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