🌕 Le jeûne religieux à l’heure du consumérisme prodigieux

 Dans Christ Seul, ConnecT

Alors que beaucoup de cœurs étaient tournés vers la Saint-Valentin ce 14 février, cette année les catholiques célébraient autre chose : le premier jour du carême. Presqu’un mois plus tard, le 10 mars, débutait le ramadan, jeûne de tradition musulmane. Entre initiative, purification et tradition, le jeûne passe d’une signification à une autre et peut être difficile à appréhender.

LA TRADITION DU JEÛNE

Pour les catholiques, le carême est une invitation à un moment de jeûne, durant 46 jours jusqu’à Pâques. Ces 46 jours sont en fait 40 jours, plus les dimanches qui se trouvent entre eux, représentant les 40 jours où Jésus a parcouru le désert, traversé par la tentation.

C’est une invitation, car le carême n’est pas une obligation, c’est un moment propice pour les catholiques à se purifier de quelque chose d’inutile, voire de perturbant. Le carême prend donc parfois la forme du végétarisme, ou d’un éloignement du numérique par exemple.

Le ramadan, lui, est une période d’obéissance à Dieu. En cette période de 29 ou 30 jours, le ramadan consiste pour les musulmans à s’abstenir de nourriture, de boisson, de relations sexuelles et de fumer du lever au coucher du soleil, actes qui permettent aux pratiquants de reconnaître la puissance de leur Dieu.

Le ramadan est une période qui se veut partagée, d’expérience de la pauvreté pendant la journée, avant un moment de partage de nourriture avec des proches, mais aussi avec les plus démunis, la nuit tombée.

Cependant, en s’inscrivant dans une tradition et un héritage culturels, le jeûne peut perdre son sens religieux. Qu’ils soient pratiqués par mimétisme social ou dans un registre plus général de « développement personnel » très en vogue aujourd’hui, les jeûnes religieux traditionnels tels que le carême ou le ramadan voient leur pratique de plus en plus éloignée de leurs significations spirituelles originelles.

LE JEÛNE CHEZ LES PROTESTANTS ET LES ÉVANGÉLIQUES ?

Crédit photo : Pexels

Le temps et la pratique du carême ne s’inscrivent pas dans les traditions et habitudes protestantes. D’abord, le carême peut provoquer une sorte de « quête du mérite », où jeûner, c’est avant tout prouver que l’on peut s’abstenir, vouloir se dépasser pour mériter le salut, alors que l’on considère que c’est uniquement la grâce qui sauve. Porté par le choix de la grâce, le protestantisme s’est forgé par l’abandon de certaines traditions catholiques telles que le carême. Cependant, le temps de Pâques reste significatif au sein des deux confessions et, pour les protestants, un moment propice à la prière et à la connexion avec Dieu.

UNE PRATIQUE TOUT DE MÊME ENRICHISSANTE

Bien que le jeûne ne soit pas formulé comme une obligation dans la religion catholique et qu’il soit éloigné de la tradition évangélique, il reste une pratique dont on peut admirer les bienfaits.

D’un point de vue purement personnel et de santé d’abord, s’abstenir de manger est l’occasion de remettre son système digestif à zéro, mais aussi d’identifier ce qui nous tente lorsqu’on cherche à manger. Cherchons-nous à grignoter, à consommer du sucre ou à combler un manque affectif ?

En dehors des aspects purement corporels, jeûner, c’est choisir de vivre une journée au rythme différent. Attirés dans un cycle de vie très rapide, changeant, dont le quotidien nous dépasse, nous pouvons trouver difficile de remettre une journée entre les mains de Dieu. Donner une journée à son Créateur passe peut-être par l’abandon de ce qui nous entraîne sans nous bouleverser, ce qui nous nourrit sans nous rassasier.

En cette période de Pâques, il peut donc être intéressant de choisir ce dont l’on veut se passer une journée, pour s’ouvrir à Dieu, à l’heure où l’on pourrait se nourrir d’aliments et de contenus médiatiques sans cesse.

Finalement, la pratique du jeûne peut simplement être une réflexion intérieure sur ce que l’on consomme, qui nous nourrit, sur ce qui fait notre quotidien, qui nous comble, et sur ce qui nous satisfait réellement, qui nous rend repus.

Le jeûne peut également être considéré comme un état d’esprit, une ouverture au monde et à la bienfaisance. C’est ce qui est évoqué aux versets 6 et 7 du chapitre 58 du livre d’Ésaïe : « Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? »

 

 

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