L’Apocalypse comme dévoilement des coulisses…

 Dans Christ Seul

Nicolas Farelly, pasteur de l’Eglise baptiste de Compiègne et professeur associé de Nouveau Testament à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, a écrit un petit livre sur l’Apocalypse de Jean. Interview.

Le sous-titre du livre que vous avez écrit sur l’Apocalypse s’énonce ainsi : Les coulisses de l’Histoire. Pouvez-vous expliquer pourquoi ?

Nicolas Farelly : Ce que l’on remarque dès le tout début du livre (1.9-20), c’est que Jean, l’auteur de l’Apocalypse, a été emporté hors de ce monde dans une vision. Et là, il lui a été donné de voir le monde à partir d’une autre perspective spatiale (une perspective non plus simplement terrestre, mais céleste). De même, il lui a été donné de voir le futur de la création, notamment la Nouvelle Création qui vient. Jean écrit ce qu’il a vu dans cette vision, et celle-ci propose aux lecteurs une perspective sur le présent, sur l’Histoire qui se déroule, à partir d’un autre point de vue. Il est comme élevé au-dessus d’une scène (le monde) pour voir ce qui se passe en coulisses, ce qui s’y vit et ce qui s’y trame.

Qu’est-ce que cela apporte ?

Nicolas Farelly : On le sait, le commun des mortels n’a accès qu’à ce qu’il voit et expérimente dans les faits. Il voit la pièce de théâtre qui se déroule sous ses yeux, mais il ne sait pas ce qui se passe derrière le rideau, dans les coulisses. Cela peut être non seulement frustrant, mais c’est aussi et surtout une vision très limitée du monde et de l’Histoire. L’Apocalypse nous rappelle que, quand bien même le monde souffre, quand bien même l’injustice, la violence et toutes sortes de péchés sont là, Dieu règne et les croyants sont dans sa présence. Plus encore, il y a un combat qui fait rage dans les coulisses, dans les cieux. Les forces du mal influent sur le monde, mais Christ, l’agneau immolé, les a déjà vaincues et il vaincra encore.

Comment en une phrase résumer le message de l’Apocalypse aux chrétiens du premier siècle après J.-C. dans leur contexte ?

Nicolas Farelly : Dans l’Empire romain, et face à la tyrannie de cet empire, n’abandonnez pas votre foi : persévérez, demeurez fidèles à votre Seigneur, car Christ est vainqueur et il vient.

Et aujourd’hui en Occident, que dirait Jean aux chrétiens ?

Nicolas Farelly : Dans ce monde perverti où l’injustice foisonne, où la consommation à outrance est une règle de vie, où la sexualité débridée est encouragée (etc., etc.), bref au sein de cette société tant oppressive qu’asservissante idéologiquement (comme un empire), résistez à la tentation du conformisme. Que Christ soit votre seul maître et seul sauveur ! Pour nous comme pour les lecteurs du premier siècle, la « victoire » (la vie dans la Nouvelle Création) ne sera atteinte que par la fidélité à Christ.

Qu’est-ce qui aide à comprendre le langage symbolique de l’Apocalypse ?

Nicolas Farelly : Dans le livre, j’écris que « Le symbolisme est ce que Jean utilise pour tenter d’exprimer l’inexprimable, ce qui excède les capacités humaines d’expression ». Il faut donc sans cesse se souvenir que le symbolisme est un langage plus proche de la poésie que de la prose. C’est une autre manière de parler de la réalité. Malheureusement, nous ne savons plus trop comment lire et comprendre ce type de langage aujourd’hui. Il nous manque à la fois des outils et l’habitude. Dans le livre, je reprends donc un tableau qui m’avait semblé très utile pour expliquer le sens des symboles les plus importants de l’Apocalypse (les chiffres, les couleurs, etc.). C’est en tout cas un bon point de départ.

Que diriez-vous aux personnes qui, aujourd’hui, comprennent l’Apocalypse comme un livre qui décrit l’actualité mondiale et prédit l’avenir ?

Nicolas Farelly : Je pense que ces interprétations se trompent, qu’elles n’ont pas saisi que cet écrit était en premier lieu destiné à des lecteurs chrétiens du premier siècle, et que le but recherché n’est pas tant de décrire l’avenir du monde (d’ailleurs, ces interprétations se concentrent essentiellement sur l’Occident et son actualité…), mais d’encourager, quelles que soient les circonstances oppressives, à persévérer dans la foi. Le livre de l’Apocalypse ne décrit donc pas notre actualité, mais il permet à tout un chacun, dans son actualité, dans son présent douloureux et difficile, de se souvenir de ce que Christ a fait, ce qu’il fait présentement, et ce qu’il fera demain.

Propos recueillis par Michel Sommer

Pour aller plus loin…

L’Apocalypse – Les coulisses de l’Histoire, par Nicolas Farelly, Dossier de Christ Seul 1/2018, Editions Mennonites, Montbéliard, 2018, 88 pages, 9 €.

A commander sur www.editions-mennonites.fr

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